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Pasteur repenti : de la droite religieuse à la lutte contre ICE

Un ancien bâtisseur de la droite religieuse américaine cherche la rédemption en luttant contre les expulsions et la violence policière à Minneapolis

MINNEAPOLIS – Rob Schenck, un pasteur évangélique qui a joué un rôle clé dans l’ascension de la droite religieuse aux États-Unis, a troqué les couloirs du pouvoir de Washington pour les rues glaciales de Minneapolis. Il y rejoint les membres du clergé dans leur lutte contre les tactiques agressives de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et, plus récemment, pour dénoncer la violence policière.

Schenck, 66 ans, a fondé l’organisation Faith and Action in the Nation’s Capital, qui a mené des opérations controversées comme « Operation Higher Court ». Cette initiative visait à influencer les juges de la Cour suprême par le biais de relations personnelles entretenues par des couples fortunés, qualifiés de « missionnaires discrets », dans le but de promouvoir une vision « chrétienne » de la nation.

« Être ici, en solidarité, fait partie du travail de réparation de mon âme », a déclaré Schenck, visiblement ému, lors d’une marche organisée vendredi dans le cadre d’une « Journée de vérité et de liberté » à Minneapolis.

Ce revirement spectaculaire est le fruit d’une profonde remise en question. Schenck a publiquement exprimé ses regrets quant à son rôle dans la polarisation politique et l’essor de personnalités comme Donald Trump. « Nous avons conclu un pacte terrible avec Donald Trump parce que nous étions déjà démoralisés », avait-il confié à Mother Jones en 2018. « Il ne nous a pas démoralisés – il est la preuve de notre démoralisation. »

Le pasteur a également reconnu son implication dans le mouvement anti-avortement, qu’il considère désormais comme ayant contribué à une culture de jugement et d’intolérance. Il a décrit son travail passé comme une tentative de « remodeler la société à l’image de [ses] propres convictions ».

Sa présence à Minneapolis, où les températures sont glaciales, est un acte de pénitence. Il est venu en soutien aux communautés locales qui luttent contre les expulsions et les abus de pouvoir de la part des forces de l’ordre.

Le week-end dernier, la situation s’est envenimée avec l’annonce du décès d’Alex Pretti, abattu par des agents fédéraux. Schenck a prolongé son séjour pour témoigner de sa solidarité et dénoncer la violence.

« C’est la rédemption », a-t-il affirmé avec conviction. « C’est la rédemption. »

Schenck a trouvé un accueil chaleureux de la part des organisateurs locaux, qui ont salué son engagement et sa volonté de reconnaître ses erreurs passées. « Ces gens font preuve de plus de grâce en m’acceptant que je n’en aurais jamais fait preuve envers eux », a-t-il admis.

La situation à Minneapolis s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes entre les communautés locales et les forces de l’ordre fédérales. Les expulsions massives et les violences policières ont suscité une vague de protestations et de critiques à travers le pays.

Selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, le taux de pauvreté à Minneapolis est de 15,8 %, supérieur à la moyenne nationale de 11,5 %. Les communautés de couleur sont particulièrement touchées par les difficultés économiques et les discriminations systémiques.

Le cas de Rob Schenck soulève des questions importantes sur la responsabilité morale et la possibilité de rédemption. Son parcours témoigne de la complexité des enjeux politiques et religieux aux États-Unis, et de la nécessité d’un dialogue constructif pour surmonter les divisions.

[Vidéo intégrée de Mother Jones sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=PnIAkhnSmgA]

Mother Jones suivra de près l’évolution de la situation à Minneapolis et continuera à rendre compte des efforts du clergé pour lutter contre l’injustice et promouvoir la paix.

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