À Osaka, un homme déjà incarcéré pour le meurtre de sa compagne a été placé en détention provisoire une seconde fois ce vendredi 22 mai 2026, cette fois pour le meurtre de la mère de la victime. Les enquêteurs de la préfecture d’Osaka ont confirmé que 杉平輝幸 (Teruyuki Sugihira), 51 ans, sans emploi, est soupçonné d’avoir tué la mère de sa compagne, 村上和子 (Kazuko Murakami), 76 ans, dans un appartement de la ville d’Izumi, dans la préfecture d’Osaka, dans la nuit du 7 au 8 avril 2026. Les deux femmes ont été retrouvées poignardées à plusieurs reprises, selon les rapports de police. Les autorités locales ont précisé que le corps de 村上裕加 (Yuka Murakami), 41 ans, avait été découvert en premier lieu, le 8 avril, par un voisin alerté par des bruits suspects en provenance de l’appartement. La découverte de 村上和子 a eu lieu quelques heures plus tard, après que les forces de l’ordre aient forcé la porte de l’appartement.
Un double meurtre lié à une relation toxique
Les enquêteurs ont révélé que la victime principale, 村上裕加, était une travailleuse sociale au sein du centre municipal de soutien aux femmes victimes de violences de la ville d’Izumi. Selon les déclarations du procureur en chef de la préfecture d’Osaka, 山田光司 (Mitsuru Yamada), lors d’une conférence de presse tenue le 21 mai 2026, 杉平輝幸 a admis avoir utilisé un couteau de cuisine pour commettre les deux meurtres. Les résultats de l’autopsie, réalisés par l’Institut médico-légal de la préfecture d’Osaka et rendus publics le 20 mai, ont confirmé que les deux victimes sont mortes d’une perte de sang due à des coupures profondes sur les artères cervicales. Le procureur a ajouté que les blessures portaient des traces de lutte, notamment des éraflures sur les avant-bras de 村上裕加, suggérant une agression violente avant sa mort.

Les autorités rapportent que 杉平輝幸 a d’abord attaqué 村上裕加 dans la soirée du 7 avril, avant de se retourner contre sa mère après que celle-ci ait tenté d’intervenir. Selon les procès-verbaux d’audition cités par le Asahi Shimbun, le suspect aurait déclaré aux enquêteurs : « J’ai vu la mère essayer d’appeler quelqu’un avec son téléphone portable. Je ne pouvais pas laisser ça arriver. » Les détails de son mobile restent flous, mais les enquêteurs évoquent des tensions liées à une rupture récente, survenue le 28 mars 2026, et des problèmes financiers accumulés au cours des deux dernières années.
« J’ai utilisé le couteau que j’avais apporté et j’ai poignardé plusieurs fois. Il n’y a aucun doute là-dessus. »
— 杉平輝幸, selon les déclarations transmises aux autorités, citées par le Nihon Television Network.
Un contexte de violence domestique et de dettes
Les investigations révèlent que 村上裕加 et 杉平輝幸 entretenaient une relation depuis près de huit ans, marquée par des épisodes répétés de violences psychologiques et physiques. Un dossier conservé par le centre de soutien aux femmes d’Izumi, consulté par les enquêteurs, indique que 村上裕加 avait déposé une plainte pour harcèlement en novembre 2025, après que son ex-partenaire ait menacé de mort sa famille. Le directeur du centre, 鈴木美奈子 (Minako Suzuki), a confirmé lors d’une audition que 村上裕加 avait exprimé sa crainte d’être suivie et harcelée, mais avait refusé de porter plainte pour des raisons personnelles.

Selon des proches de la victime, 杉平 aurait emprunté 150 000 yens à 村上裕加 en décembre 2025, somme qu’il n’a jamais remboursée. Un papier de dette, signé et daté du 15 décembre 2025, a été retrouvé dans les affaires de 杉平 lors de sa perquisition. Les autorités suspectent que ces dettes et la rupture ont pu servir de déclencheur à la violence. Une amie proche de 村上裕加, 田中恵美 (Emiko Tanaka), 43 ans, a déclaré aux enquêteurs : « Elle disait ne pas pouvoir se séparer de lui, qu’il ne la laissait pas partir. Même après la rupture, il lui envoyait des messages tous les jours pour lui demander de revenir. » Cette dynamique rappelle les mécanismes classiques des violences conjugales, où la dépendance financière et émotionnelle aggrave les risques de passage à l’acte.
Les enregistrements des appels téléphoniques de 杉平 dans les jours précédant les meurtres, obtenus par les autorités, révèlent des échanges agressifs avec 村上裕加. Un message vocal daté du 6 avril 2026, retrouvé sur le téléphone de la victime, contient une menace explicite : « Si tu ne me donnes pas cet argent, je te ferai regretter. » Les enquêteurs examinent également les relevés bancaires de 杉平, qui montrent des retraits fréquents de distributeurs automatiques dans les jours suivant la rupture, suggérant un comportement erratique.
Une enquête qui s’oriente vers un mobile complexe
Les enquêteurs peinent à établir avec certitude le mobile exact de 杉平輝幸. Si les dettes et la rupture semblent être des facteurs aggravants, les circonstances précises de la mort de 村上和子 restent floues. Selon un rapport interne de la police d’Osaka, consulté par le Yomiuri Shimbun, la mère aurait tenté d’appeler les secours après avoir entendu les cris de sa fille. Un témoin anonyme, voisin des victimes, a déclaré aux enquêteurs avoir entendu des « bruits de lutte et de pleurs » en provenance de l’appartement vers 23h30 le 7 avril, mais n’avoir alerté personne par crainte d’être impliqué.
« Il semble que la mère ait été tuée parce qu’elle risquait de prévenir quelqu’un », a déclaré un porte-parole de la police d’Osaka, 佐藤健太 (Kenta Sato), lors d’une conférence de presse le 21 mai. « Nous examinons également la possibilité que 杉平 ait agi sous l’emprise d’une crise de colère ou d’une paranoïa, amplifiée par la rupture et les dettes. » Une hypothèse qui n’est pas sans rappeler d’autres affaires récentes au Japon, comme le meurtre de 佐藤美穂 (Mio Sato) en 2025, où un ex-partenaire a tué sa victime après avoir refusé une séparation.
Les enquêteurs ont également retrouvé dans l’appartement un carnet appartenant à 杉平, contenant des notes sur les dettes et des références à des « problèmes avec Yuka ». Parmi les pages, une entrée datée du 5 avril mentionne : « Elle doit payer. Sinon, je m’occuperai de sa mère. » Ce document, considéré comme une preuve indirecte de préméditation, est actuellement analysé par les experts en psychologie criminelle de la préfecture.
Que reste-t-il à élucider ?
Plusieurs questions subsistent. Pourquoi 杉平輝幸 a-t-il attendu près d’un mois avant d’être arrêté pour le meurtre de 村上裕加 ? Les autorités ont révélé que le suspect avait quitté la région d’Osaka peu après les meurtres, se réfugiant dans la préfecture de Kyoto où il avait des connaissances. Il a été intercepté le 6 mai 2026 après qu’un contrôle routier ait révélé des traces de sang sur son véhicule, signalé comme volé. Les proches de la victime ont signalé des comportements suspects dès la fin mars, notamment des appels téléphoniques insistants de 杉平 à 村上裕加, mais aucune plainte formelle n’avait été déposée.
Sur le plan juridique, 杉平 risque désormais des poursuites pour deux meurtres, ce qui pourrait entraîner une peine de prison à perpétuité au Japon, où les condamnations pour homicide sont parmi les plus sévères au monde. Le procureur 山田光司 a indiqué que la décision de poursuivre en cour d’assises serait prise sous 10 jours, en fonction des éléments supplémentaires recueillis. Les autorités ont également lancé une enquête interne sur les services sociaux de la ville d’Izumi, 村上裕加 étant une travailleuse sociale qui aurait pu bénéficier d’un soutien accru compte tenu de sa situation. Le maire d’Izumi, 河野伸一 (Shinichi Kawano), a annoncé la création d’une commission d’enquête indépendante pour évaluer les failles dans la protection des victimes de violences conjugales.
Une chose est sûre : cette affaire soulève à nouveau la question des violences conjugales au Japon, où les statistiques montrent une sous-déclaration persistante des cas. Selon les dernières données du Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, publiées en avril 2026, plus de 10 000 plaintes pour violences domestiques ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de 8 % par rapport à 2024. Cependant, les experts estiment que le nombre réel de victimes est bien plus élevé en raison des tabous sociaux persistants et de la méfiance envers les autorités. Une étude récente du Centre national de recherche sur les crimes violents a révélé que seulement 30 % des victimes de violences conjugales au Japon osent porter plainte.
Réactions et mobilisation
L’affaire a suscité une vive émotion dans la communauté d’Izumi, où des habitants ont organisé une veillée silencieuse devant le centre de soutien aux femmes le 20 mai. 田中恵美, l’amie proche de 村上裕加, a appelé à une réforme urgente des lois sur la protection des victimes : « Les femmes comme Yuka savent qu’elles seront seules face à leurs bourreaux. Il faut des lois plus strictes et des refuges mieux financés. »

Le Syndicat des travailleurs sociaux du Japon a également réagi, exigeant une enquête sur les failles dans l’accompagnement des victimes. Dans un communiqué publié le 21 mai, le syndicat a dénoncé « l’insuffisance des ressources allouées aux centres d’accueil et le manque de formation des travailleurs sociaux pour détecter les signes de danger imminent ». Le syndicat a appelé à une augmentation de 30 % du budget dédié à la prévention des violences conjugales.
Les autorités locales ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité pour les travailleurs sociaux, notamment la mise en place d’un système d’alerte rapide en cas de signalement de menace. Le gouverneur de la préfecture d’Osaka, 松井一郎 (Ichiro Matsui), a promis lors d’une réunion avec des représentants de la société civile que « des actions concrètes seront prises pour briser le silence autour de ces violences ».
Et après ? Les pistes à suivre
Les prochaines étapes de l’enquête devraient se concentrer sur :
- Les mobiles précis : Les enquêteurs examinent les échanges électroniques entre 杉平 et 村上裕加 dans les semaines précédant les meurtres, ainsi que les relevés bancaires pour identifier d’éventuelles pressions financières. Une perquisition supplémentaire a été menée le 21 mai dans un entrepôt loué par 杉平 à Osaka, où des documents pourraient éclairer ses motivations.
- Les éventuelles complicités : Les autorités interrogent actuellement un ancien collègue de 杉平, 田中健一 (Kenichi Tanaka), 48 ans, qui aurait été vu en sa compagnie dans les jours suivant les meurtres. Les enquêteurs n’ont pas encore établi de lien direct avec les crimes.
- Les lacunes dans la protection sociale : Une commission municipale va évaluer pourquoi 村上裕加, malgré son statut de travailleuse sociale, n’a pas reçu d’aide plus rapide. Des auditions avec des collègues et des supérieurs hiérarchiques sont prévues la semaine prochaine.
- Les conséquences juridiques : Le parquet d’Osaka doit décider si 杉平 sera jugé pour meurtre prémédité ou sous le coup d’une crise de folie passagère. Les avocats de la défense pourraient invoquer des troubles psychologiques, bien que les experts médicaux consultés par la police n’aient pas encore rendu d’avis définitif.
Les autorités ont promis de rendre publics les résultats de l’enquête dès que les éléments seront consolidés, probablement dans les semaines à venir. Une conférence de presse conjointe avec le procureur et les services sociaux est prévue pour le 5 juin 2026.
Cette tragédie rappelle une réalité brutale : au-delà des chiffres, chaque victime de violence conjugale a une histoire, des proches endeuillés et des questions sans réponses. Dans un pays où le silence reste souvent la première réaction face à ces drames, cette affaire pourrait, espérons-le, servir de leçon pour renforcer les mécanismes de protection des femmes en danger. Comme l’a souligné 鈴木美奈子, directrice du centre de soutien : « Nous devons cesser de traiter ces cas comme des exceptions. Chaque femme mérite d’être protégée, pas seulement après un meurtre, mais dès les premiers signes de danger. »
