Alerte : utilisation prolongée d’opioïdes après chirurgie du cancer plus fréquente qu’on ne le pense chez les vétérans
PHILADELPHIE,PA – Une nouvelle étude alarmante révèle que plus d’un vétéran sur dix continue à prendre des opioïdes un an après une intervention chirurgicale pour un cancer de stade précoce (0 à 3),même s’ils n’avaient jamais consommé ces médicaments auparavant. L’étude, publiée dans la revue CANCER, a examiné les dossiers de 9 213 vétérans américains.
Les chercheurs de l’Université de Pennsylvanie ont constaté que 10,6% des patients ont continué à prendre des opioïdes au-delà de la période post-opératoire immédiate. Plus inquiétant encore, près de 4% des vétérans ont reçu simultanément des opioïdes et des benzodiazépines – une combinaison potentiellement dangereuse qui augmente considérablement le risque d’effets secondaires graves, voire mortels.L’étude met en évidence des facteurs de risque spécifiques pour une utilisation prolongée d’opioïdes :
Intensité de la prescription initiale : Plus les patients ont reçu de prescriptions d’opioïdes pendant leur traitement, plus ils étaient susceptibles de continuer à les prendre par la suite.
Antécédents de douleur chronique : Les patients souffrant déjà de douleurs chroniques avant la chirurgie étaient plus vulnérables.
Comorbidités : La présence de plusieurs problèmes de santé augmentait le risque.
Statut socioéconomique : Les vétérans issus de milieux socioéconomiques défavorisés étaient plus susceptibles d’une utilisation prolongée.
* Chimiothérapie adjuvante : Les patients ayant reçu une chimiothérapie après la chirurgie présentaient également un risque accru.
“Minimiser l’exposition aux opioïdes associée au traitement du cancer,tout en assurant un contrôle efficace de la douleur,est crucial pour réduire les risques à long terme chez les survivants du cancer”,a déclaré le Dr Marilyn M. Schapira, auteur principal de l’étude. “Ceci est particulièrement critically important compte tenu de l’augmentation de la durée de vie des patients après un diagnostic et un traitement contre le cancer.”
Un problème de santé publique persistant
Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large de crise des opioïdes aux États-Unis. Bien que l’attention se soit souvent concentrée sur les prescriptions d’opioïdes pour la douleur chronique, cette recherche souligne la nécessité d’une gestion plus prudente de la douleur post-opératoire, en particulier chez les patients atteints de cancer.
Les experts recommandent une approche multimodale de la gestion de la douleur, incluant des alternatives non-opioïdes telles que les analgésiques en vente libre, la physiothérapie, l’acupuncture et les techniques de relaxation. Une interaction claire entre les médecins et les patients sur les risques et les avantages des opioïdes est également essentielle.
La recherche future devrait se concentrer sur le développement de stratégies efficaces pour réduire l’utilisation d’opioïdes après une chirurgie du cancer et améliorer la qualité de vie des survivants.
