Crise à l’ONU : Guterres dénonce les coupes budgétaires et l’impunité des États
New York – Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel vibrant à la défense des principes fondamentaux de l’organisation, alors qu’elle traverse une crise financière structurelle et une remise en question de son rôle par certains États membres. Lors d’une intervention marquante, Guterres a qualifié l’ONU de “gardien de la légalité internationale, catalyseur pour le développement durable, sauveteur pour les peuples en crise et phare pour les droits de l’homme”.
Alors qu’il entame la dernière ligne droite de son second mandat, qui s’achèvera en décembre 2026, Guterres est confronté à un contexte international particulièrement difficile. Les coupes budgétaires, notamment de la part des États-Unis sous l’governance Trump, et le désengagement de certains pays vis-à-vis des accords multilatéraux, fragilisent l’ONU. Sans nommer directement les États-Unis ou son président, Guterres a souligné que certains États agissent “comme si les lois ne leur étaient pas appliquées” sans subir de conséquences, avertissant que “l’impunité est la mère du chaos”.
Le secrétaire général a rappelé que l’ONU, fondée sur la paix, la coopération et le respect du droit international, n’est pas une utopie mais une “stratégie pratique pour la survie de l’humanité”. Il a dénoncé avec force les coupes dans la coopération internationale, soutenues par plusieurs grands donateurs comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, les qualifiant de “condamnation à mort pour beaucoup” et de “vol d’avenir”.
Un rappel des fondements de l’ONU
Créée en 1945, l’Organisation des Nations Unies est née des cendres de la Seconde Guerre mondiale avec la mission de maintenir la paix et la sécurité internationales, de promouvoir le développement durable et de défendre les droits de l’homme. Son rôle a évolué au fil des décennies, s’adaptant aux défis mondiaux tels que la prolifération nucléaire, le terrorisme, les changements climatiques et les crises humanitaires.
L’ONU est financée par les contributions obligatoires de ses États membres, ainsi que par des contributions volontaires pour des programmes spécifiques.Les États-unis, en tant que principal contributeur financier, exercent une influence considérable sur les décisions de l’organisation.
L’avenir de la coopération internationale en question
La crise actuelle de l’ONU soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la coopération internationale. le multilatéralisme, principe central de l’ONU, est remis en question par la montée du nationalisme et du protectionnisme dans de nombreux pays. La capacité de l’ONU à relever les défis mondiaux dépendra de la volonté des États membres de respecter leurs engagements et de soutenir financièrement l’organisation.
Guterres a conclu son intervention en soulignant le paradoxe de notre temps : “Nous savons ce dont nous avons besoin et pourtant nous jetons le sauveteur qui le rend possible.” Un appel à l’action qui résonne alors que l’ONU se trouve à un tournant de son histoire.
