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Nutritionniste : uriner plus souvent = signe caché d’excès de sucre” (59 caractères)

by Camille Laurent - Santé
Un signe méconnu pour repérer une consommation excessive de sucre

Un nutritionniste français, Jérémy Menet, a révélé sur Instagram en 2026 une méthode simple pour détecter une surconsommation de sucre : une augmentation anormale de la fréquence urinaire, signe d’une polyurie liée à l’excès de glucose éliminé par les reins.

Un signe méconnu pour repérer une consommation excessive de sucre

Le sucre, consommé en excès, est associé à des risques majeurs pour la santé : obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, problèmes hépatiques et même des troubles de l’humeur. Pourtant, identifier une surconsommation quotidienne reste un défi pour beaucoup. Une astuce récente, popularisée par un nutritionniste en 2026, propose une méthode inattendue : observer sa fréquence urinaire.

Selon Jérémy Menet, diététicien-nutritionniste, une augmentation anormale des mictions (polyurie) peut signaler une surconsommation de sucre. Le mécanisme est simple : lorsque le corps ingère trop de glucose, il tente de rétablir l’équilibre en éliminant l’excès via les urines. Ce processus sollicite excessivement les reins, entraînant une production accrue d’urine et des allers-retours fréquents aux toilettes.

Cette observation rejoint des mécanismes physiologiques connus. Le sucre en excès, notamment sous forme de fructose ou de glucose, dépasse les capacités de stockage du foie et du muscle, forçant le corps à l’éliminer rapidement. Les reins, confrontés à cette charge, augmentent la diurèse pour expulser le surplus, d’où une polyurie.

Les risques sanitaires d’une surconsommation de sucre : au-delà des kilos en trop

Les conséquences d’une alimentation trop riche en sucres rapides ne se limitent pas à une prise de poids. Les données récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des études épidémiologiques soulignent des impacts systémiques :

  • Diabète de type 2 : une consommation chronique de sucres ajoutés perturbe la régulation de la glycémie, augmentant le risque de résistance à l’insuline.
  • Maladies cardiovasculaires : le fructose, présent dans les sirops et les édulcorants, favorise la production de triglycérides et de lipides athérogènes, accélérant l’athérosclérose.
  • Problèmes hépatiques : le foie, sollicité pour métaboliser l’excès de fructose, peut développer une stéatose (foie gras), voire une fibrose.
  • Troubles métaboliques et inflammatoires : des études publiées en 2025 dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism ont montré une corrélation entre une consommation élevée de sucres et un état pro-inflammatoire chronique.

Pourtant, malgré ces alertes, les apports en sucres ajoutés restent élevés dans les pays occidentaux. En France, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) estimait en 2025 que les adultes consommaient en moyenne 100 grammes de sucres ajoutés par jour, soit près du double des recommandations officielles (50 g/jour maximum, dont 30 g de sucres libres).

Polyurie et sucre : un lien physiologique validé par la science

L’hypothèse avancée par Jérémy Menet s’appuie sur des principes biologiques documentés. Lorsque la glycémie dépasse les seuils normaux, les reins activent un mécanisme d’excrétion pour éliminer l’excès de glucose via les urines. Ce phénomène, appelé glycosurie, est normalement compensé par une réabsorption rénale efficace. Cependant, en cas de surcharge chronique, les reins sont submergés, entraînant une diurèse osmotique accrue.

Une étude publiée en 2024 dans Diabetes Care avait déjà établi un lien entre une consommation élevée de fructose et une augmentation de la production urinaire. Les chercheurs avaient observé que des sujets consommant des boissons sucrées à base de sirop de glucose-fructose présentaient une polyurie significative, même en l’absence de déshydratation.

« La polyurie n’est pas toujours synonyme de diabète », précise le Dr. Sophie Laurent, endocrinologue à l’hôpital Cochin (Paris). « Elle peut aussi refléter une surcharge en sucres rapides, notamment chez les personnes consommant des aliments ultra-transformés ou des boissons énergisantes. »

« Une augmentation soudaine de la fréquence urinaire, surtout en l’absence d’apport hydrique accru, doit inciter à réévaluer son alimentation. »

Dr. Sophie Laurent, endocrinologue, hôpital Cochin

Comment distinguer polyurie liée au sucre et autres causes ?

Tous les cas de polyurie ne sont pas liés au sucre. D’autres facteurs peuvent expliquer une augmentation des mictions, comme :

  • La consommation excessive de caféine (thé, café, sodas) : un diurétique naturel qui stimule la production d’urine.
  • L’alcool : même en faible quantité, il inhibe la sécrétion d’hormone antidiurétique (ADH), augmentant la diurèse.
  • Le diabète de type 1 ou 2 non contrôlé : la glycosurie massive entraîne une perte d’eau et d’électrolytes.
  • Les médicaments diurétiques (traitements antihypertenseurs, antiœdémateux).
  • La grossesse : l’augmentation du volume sanguin et les changements hormonaux stimulent la diurèse.

Pour distinguer une polyurie liée au sucre des autres causes, Jérémy Menet propose une observation sur trois jours :

  1. Noter la fréquence urinaire en l’absence de café, alcool ou excès d’eau.
  2. Évaluer la consommation de sucres ajoutés (sodas, pâtisseries, produits transformés).
  3. Si la polyurie persiste sans autre explication médicale, réduire progressivement les apports en sucres et observer les changements.

En cas de doute persistant, un dosage de la glycémie à jeun et une consultation chez un médecin ou un nutritionniste sont recommandés.

Que faire si la polyurie est confirmée ?

Si l’augmentation de la fréquence urinaire est attribuée à une surconsommation de sucre, plusieurs pistes peuvent être explorées :

« La première étape consiste à identifier les sources cachées de sucres : sirops, sauces industrielles, yaourts aromatisés, ou même certains pains de mie. Ces apports invisibles représentent souvent 30 à 50 % des sucres consommés quotidiennement. »

Jérémy Menet, nutritionniste-diététicien

Voici des stratégies validées par les recommandations de l’OMS et de l’Anses :

  • Lire les étiquettes : privilégier les aliments dont la teneur en sucres ajoutés est inférieure à 5 g pour 100 g.
  • Remplacer les boissons sucrées par de l’eau, des infusions ou des eaux aromatisées naturelles.
  • Choisir des alternatives aux édulcorants industriels : cannelle, vanille, ou fruits frais pour adoucir les plats.
  • Rééquilibrer les repas : associer les sucres aux fibres (fruits entiers, légumes) pour ralentir leur absorption.
  • Surveiller les signaux d’alerte : fatigue persistante, soif excessive, ou infections urinaires récurrentes peuvent indiquer un déséquilibre métabolique.

Une réduction progressive des sucres ajoutés permet souvent une normalisation de la diurèse en quelques semaines. Cependant, en cas de symptômes associés (fatigue intense, perte de poids inexpliquée, vision floue), un bilan médical s’impose pour écarter un diabète ou une autre pathologie.

Limites de l’indicateur : quand la polyurie n’est pas synonyme de sucre

Bien que la polyurie puisse être un marqueur de surconsommation de sucre, elle ne doit pas être interprétée comme une preuve absolue. Plusieurs biais peuvent fausser cette observation :

  • L’hydratation variable : une personne très hydratée aura naturellement plus de mictions, même sans excès de sucre.
  • Les différences individuelles : certains métabolismes éliminent plus rapidement le glucose, tandis que d’autres stockent davantage.
  • Les conditions pathologiques : une infection urinaire ou une insuffisance rénale peut aussi provoquer une polyurie.

Pour affiner le diagnostic, Jérémy Menet insiste sur la nécessité de croiser cet indicateur avec d’autres signes :

  • Une énergie fluctuante dans la journée (hypoglycémie réactive).
  • Des fringales sucrées persistantes.
  • Une peau terne ou des boutons (liés à l’inflammation chronique).

« La polyurie est un signal d’alerte, mais pas un diagnostic », rappelle le nutritionniste. « Elle doit inciter à une auto-observation plus large, et non à une autodiagnostic hâtif. »

Perspectives : vers une meilleure éducation nutritionnelle ?

L’astuce proposée par Jérémy Menet s’inscrit dans une tendance plus large : l’utilisation de bio-marqueurs simples pour sensibiliser le public aux déséquilibres alimentaires. D’autres exemples émergent, comme :

  • Le langage corporel (ex. : mains qui tremblent après un repas sucré, signe d’hypoglycémie).
  • Les troubles digestifs (ballonnements, reflux) après consommation de fructose.
  • Les variations de poids (prise de poids localisée au niveau abdominal).

Cependant, ces indicateurs restent empiriques et ne remplacent pas un suivi médical ou nutritionnel personnalisé. En France, les campagnes de prévention contre les excès de sucre, portées par l’Anses et Santé publique France, mettent l’accent sur :

  • La régulation des publicités pour les produits ultra-transformés (loi EGalim 2).
  • L’étiquetage nutritionnel simplifié (Nutri-Score obligatoire depuis 2022).
  • Les programmes de formation des professionnels de santé sur les risques des sucres cachés.

À l’heure où les maladies métaboliques représentent un coût croissant pour les systèmes de santé, des approches comme celle de Jérémy Menet pourraient jouer un rôle dans la prévention. Reste à évaluer leur efficacité à long terme, notamment auprès des populations les plus vulnérables.

Pour aller plus loin :

  • Consulter un nutritionniste en cas de polyurie persistante ou de symptômes associés.
  • Utiliser des applications de suivi alimentaire (ex. : Yuka, MyFitnessPal) pour identifier les sources de sucres cachés.
  • Se référer aux recommandations de l’OMS sur la réduction des sucres ajoutés (who.int).

Note du médecin : Cet article vise à informer et non à diagnostiquer. En cas de doute sur votre santé, consultez un professionnel de santé.

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