Nexstar finalise l’acquisition de Tegna malgré l’opposition juridique
LOS ANGELES (AP) – Nexstar Media Group, le plus grand propriétaire de stations de télévision aux États-Unis, a annoncé jeudi la finalisation de son acquisition de Tegna, malgré une contestation judiciaire menée par huit procureurs généraux d’États américains. L’opération, d’une valeur de 6,2 milliards de dollars, suscite des inquiétudes quant à la concentration du pouvoir médiatique et son impact sur l’information locale.
L’accord a été approuvé par le Bureau des médias de la Commission fédérale des communications (FCC) et le Département de la justice, a précisé Nexstar dans un communiqué. Perry Sook, fondateur et PDG de Nexstar, a salué cette transaction comme "essentielle au maintien d’un journalisme local fort" et a souligné que la fusion permettrait à l’entreprise d’être "plus dynamique" et "mieux positionnée pour offrir un journalisme exceptionnel et une programmation locale". Il a également remercié le président Trump et le président de la FCC, Brendan Carr, pour leur soutien.
Cependant, la finalisation de l’acquisition intervient seulement un jour après qu’un groupe de procureurs généraux, dont celui de Californie, Rob Bonta, a déposé une plainte pour bloquer la fusion. Selon eux, cette opération donnerait à Nexstar un contrôle excessif sur les stations de télévision locales, causant un "préjudice irréparable à l’information locale et aux consommateurs". Les procureurs généraux de Colorado, Connecticut, Illinois, New York, Caroline du Nord, Oregon et Virginie se sont joints à la plainte.
La plainte souligne également le risque que la société combinée exerce une pression accrue sur les fournisseurs de télévision payante pour augmenter les frais de diffusion de leurs chaînes, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts pour les consommateurs.
L’acquisition porterait le nombre total de stations de télévision de Nexstar à 265, couvrant 80 % du territoire américain et lui permettant de détenir plusieurs chaînes dans de nombreux marchés.
La commissaire de la FCC, Anna Gomez, a exprimé son désaccord avec l’approbation de la fusion, soulignant qu’elle viole la limite nationale de propriété de 39 % fixée par la loi fédérale. Elle a critiqué le fait que l’accord ait été approuvé avec des dérogations, permettant à Nexstar de fonctionner en violation de cette limite. "Une transaction de cette ampleur exige une délibération ouverte devant l’ensemble de la Commission, et non un accord tacite visant à éviter l’examen public", a-t-elle déclaré.
La FCC n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Cette acquisition intervient dans un contexte de consolidation croissante dans le secteur des médias, suscitant des inquiétudes quant à la diversité des sources d’information et à l’avenir du journalisme local. L’impact de cette fusion sur le paysage médiatique américain reste à voir.
