Markwayne Mullin confirmé à la tête de la Sécurité intérieure américaine, malgré une paralysie persistante
WASHINGTON – Après six semaines de blocage, le Sénat américain a confirmé lundi Markwayne Mullin au poste de secrétaire au Département de la Sécurité intérieure (DHS). L’ancien sénateur de l’Oklahoma succède à Kristi Noem, limogée par l’administration Trump suite à des controverses liées à des opérations d’application de la loi ayant entraîné la mort de deux citoyens américains à Minneapolis.
La confirmation de Mullin s’est faite par 54 voix contre 45, avec le soutien inattendu de deux sénateurs démocrates, John Fetterman de Pennsylvanie et Martin Heinrich du Nouveau-Mexique. Ce vote intervient alors que le DHS est au cœur d’une crise, avec des milliers d’agents de la TSA et d’autres employés travaillant sans salaire et des retards importants dans les aéroports du pays, plus de 400 agents de la TSA ayant démissionné depuis le début de la paralysie.
L’arrivée de Mullin ne semble pas pour autant débloquer la situation. Les démocrates maintiennent leur opposition au financement du DHS tant que des restrictions ne sont pas imposées aux agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et de la Protection des frontières et des douanes (CBP), notamment en matière d’identification, de port de masques et de warrants judiciaires pour les perquisitions.
Le parcours de Mullin, ancien combattant de MMA et entrepreneur dans le domaine de la plomberie, est atypique pour un secrétaire à la Sécurité intérieure. Il a été élu à la Chambre des représentants en 2012, puis a remporté une élection spéciale pour remplacer Jim Inhofe au Sénat. Mullin est également membre de la nation Cherokee.
Sa nomination n’a pas été sans heurts. Il a été interrogé sur un voyage à l’étranger en 2015, qu’il a qualifié de classifié, et a suscité des interrogations quant à son tempérament, notamment de la part du sénateur Rand Paul, qui a voté contre sa confirmation après un différend lors de son audition.
"Il est courageux", a déclaré le sénateur John Cornyn, républicain du Texas, à propos de Mullin. "C’est un travail très difficile dans les meilleures circonstances, et ce n’est peut-être pas le moment le plus propice."
Certains démocrates ont exprimé des réserves quant à la capacité de Mullin à diriger le DHS, soulignant son manque de transparence et d’expérience. Le sénateur Gary Peters du Michigan a déclaré que Mullin "n’a pas l’expérience ni le tempérament pour diriger ce département essentiel".
Le sénateur Andy Kim du New Jersey a quant à lui pointé du doigt l’influence de Stephen Miller, conseiller principal de l’administration Trump en matière de politique d’immigration, comme étant à l’origine des problèmes actuels.
Malgré ces critiques, le sénateur Heinrich a justifié son vote en faveur de Mullin, soulignant leur collaboration passée et sa conviction que le nouveau secrétaire ne se laissera pas dicter sa conduite par l’administration. "J’ai vu de première main que Markwayne n’est pas quelqu’un qui peut être facilement intimidé pour changer d’avis", a-t-il déclaré dans un communiqué.
