Une étude publiée dans la revue Atherosclerosis suggère que monter quotidiennement plus de cinq étages, soit environ 50 marches, réduit de 20 % ou plus le risque de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses. Ces travaux, menés par des chercheurs du Centre des sciences de la santé de l’Université de Pékin, soulignent les bénéfices cardiovasculaires d’une activité physique fragmentée au quotidien.
L’impact de l’activité physique fragmentée sur la santé cardiovasculaire
Selon les données publiées par le ChinaCDC, basées sur une analyse de 458 860 adultes issus de la cohorte UK Biobank, l’intégration de l’effort physique dans la vie quotidienne constitue une stratégie efficace pour la prévention des maladies. Les chercheurs ont observé une réduction significative du risque de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses (ASCVD) chez les participants montant régulièrement des escaliers.
Le risque d’ASCVD — un terme regroupant les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux ischémiques et leurs complications — diminue de manière notable dès lors que le sujet franchit le seuil de cinq étages par jour. Comparé aux individus ne montant pas d’escaliers, ceux qui en gravissent entre 11 et 20 par jour présentent une réduction du risque d’environ 22 à 23 %.
Cette approche, souvent qualifiée d’activité physique non structurée ou « exercice de style de vie », se distingue des séances d’entraînement formelles en salle de sport. Elle repose sur le concept de cumul d’efforts brefs mais répétés, capables d’induire des adaptations physiologiques positives. La montée d’escaliers sollicite les grands groupes musculaires des membres inférieurs, imposant une charge de travail cardiorespiratoire qui, répétée quotidiennement, favorise une meilleure gestion de la consommation d’oxygène par le myocarde.
Nuances selon les antécédents familiaux et l’intensité
L’étude met en lumière une relation en forme de « U » entre l’intensité de l’effort et la protection cardiovasculaire. Si les bénéfices sont manifestes, ils tendent à se stabiliser après 20 étages quotidiens. L’efficacité varie également selon le profil génétique ou les antécédents familiaux des participants :
- Pour les personnes avec des antécédents familiaux d’ASCVD : Le bénéfice maximal est observé avec une pratique quotidienne de 16 à 20 étages, permettant une réduction du risque de 12 %.
- Pour les individus sans antécédents familiaux : La pratique optimale se situe entre 11 et 15 étages, pour une réduction de risque évaluée à 10 %.
Les auteurs expliquent ces résultats par les effets physiologiques de cette activité : l’escalade régulière améliore la capacité aérobie, réduit la pression artérielle, renforce la musculature et diminue les taux de cholestérol LDL. En améliorant le profil lipidique et en favorisant une meilleure souplesse artérielle, cet exercice simple contribue à freiner le processus d’athérosclérose, qui est l’accumulation de dépôts graisseux sur les parois des artères.
Contexte clinique et recommandations de santé publique
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde. Les autorités de santé, telles que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), recommandent généralement aux adultes de pratiquer au moins 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine. Les résultats issus de la cohorte UK Biobank apportent un éclairage précieux : ils démontrent que les efforts courts, intégrés au milieu urbain et professionnel, sont comptabilisés par l’organisme comme des opportunités de protection métabolique.
Il est crucial de noter que cette étude ne suggère pas que la montée d’escaliers remplace un suivi médical rigoureux. La prévention primaire des maladies cardiovasculaires repose sur un faisceau de facteurs, incluant l’alimentation, le contrôle du tabagisme et la gestion du stress. Les chercheurs précisent également que cette étude est observationnelle : si elle montre une corrélation forte entre l’ascension des marches et la réduction des risques, elle ne peut établir à elle seule un lien de causalité direct isolé de tous les autres facteurs de mode de vie.
Perspectives scientifiques et recommandations
Ces conclusions rejoignent d’autres travaux récents sur les bienfaits des activités quotidiennes. Une synthèse présentée lors du congrès de l’European Society of Cardiology (ESC) en 2024, analysant les données de 480 000 personnes, a également rapporté une baisse de 24 % du risque de mortalité globale et de 39 % du risque de mortalité cardiovasculaire chez les pratiquants réguliers de la montée d’escaliers.

D’autres recherches internationales corroborent ces observations : des données néerlandaises indiquent qu’une absence totale de montée d’escaliers est corrélée à une augmentation de 90 % du risque de syndrome métabolique, tandis que des études japonaises montrent une réduction de 31 % du risque de fibrillation auriculaire chez ceux préférant les escaliers aux ascenseurs. Ces indicateurs soulignent que le choix de privilégier les escaliers agit comme un marqueur de santé active, souvent corrélé à une meilleure condition physique générale.
Bien que la recherche continue d’affiner les seuils optimaux, le consensus scientifique actuel encourage l’adoption de ce geste simple au travail comme au domicile. Toutefois, pour les personnes souffrant de pathologies articulaires, de troubles de l’équilibre ou de maladies cardiaques préexistantes, l’intensité de cet effort doit être adaptée. Il est recommandé de consulter votre professionnel de santé ou un cardiologue pour évaluer votre aptitude et adapter toute activité physique à votre condition personnelle avant d’intensifier vos efforts quotidiens.
