Tension monte à Minneapolis après des tirs mortels impliquant des agents fédéraux, Trump envoie son conseiller à la frontière
Minneapolis, Minnesota – La mort de Muzaffar Pretti, un infirmier de 37 ans abattu par des agents fédéraux samedi dernier, continue de susciter l’indignation et une crise politique croissante, poussant l’administration Trump à revoir sa stratégie d’application de l’immigration dans le Minnesota. L’incident, survenu quelques semaines après la mort de Renee Good, une mère de trois enfants, tuée par un agent de l’ICE, a ravivé les critiques sur les tactiques agressives de l’agence et soulevé des questions sur la transparence des enquêtes.
Le président Trump a annoncé lundi l’envoi de Tom Homan, son conseiller à la frontière, dans le Minnesota. Cette décision intervient alors que le commandant de la patrouille frontalière, Gregory Bovino, qui supervisait jusqu’à présent l’opération “Metro Surge” lancée en décembre, pourrait être relevé de ses fonctions. Selon une source de l’Associated Press, Bovino et certains agents fédéraux devraient quitter la ville dès mardi.
“Il n’était pas impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens ici,” a déclaré Trump sur son réseau social Truth Social, décrivant Homan comme “dur mais juste” et précisant qu’il rendrait compte directement au président.
L’annonce de l’arrivée de Homan est perçue comme un signal potentiel de changement de cap. Muzaffar Chishti, expert en politique migratoire au Migration Policy Institute, estime que cette nomination marque un “changement significatif dans l’équilibre des pouvoirs” au sein de l’administration. “Il y avait une forte tension entre les agents de l’ICE expérimentés et ces nouveaux agents. Cela pourrait être le moment où les choses commencent à changer, voire à s’inverser,” a-t-il déclaré.
La situation a également conduit à un dialogue direct entre le président Trump et le gouverneur du Minnesota, Tim Walz. Walz avait publiquement appelé à retirer les “milliers d’agents violents et non formés” déployés dans l’État. Trump a affirmé sur Truth Social avoir eu un “très bon échange” avec Walz, se disant “sur la même longueur d’onde”. Il a promis de faire appel à Tom Homan pour discuter avec le gouverneur et se concentrer sur l’arrestation des criminels.
L’administration Trump est confrontée à une pression croissante. Une juge fédérale examine actuellement une demande de suspension temporaire de l’application de l’immigration dans le Minnesota. Parallèlement, des sénateurs démocrates menacent de bloquer le financement du Département de la Sécurité intérieure, ce qui pourrait entraîner une paralysie partielle du gouvernement. Même au sein du Parti Républicain, des voix s’élèvent pour demander une enquête approfondie sur la mort de Pretti, comme celle de l’ancien vice-président Mike Pence.
Les circonstances de la mort de Pretti restent contestées. Le Département de la Sécurité intérieure affirme que l’infirmier s’est approché des agents avec une arme à feu et a “violentement résisté” lorsqu’ils ont tenté de la lui retirer. Cependant, des vidéos prises par des témoins contredisent cette version. Elles montrent Pretti tenant un téléphone, et non une arme, lorsqu’il s’est interposé entre un agent et une femme qui avait été poussée au sol. L’arme à feu aurait été sécurisée par un agent après une bousculade, juste avant le tir.
La gestion de l’enquête par le Département de la Sécurité intérieure est également remise en question. Après avoir refusé l’accès à la scène du crime aux enquêteurs de l’État du Minnesota, l’agence a été accusée de dissimulation de preuves. Le Bureau d’enquête criminelle du Minnesota a saisi un tribunal fédéral pour empêcher le Département de la Sécurité intérieure et le Département de la Justice de détruire ou de dissimuler des preuves.
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a suscité la controverse en qualifiant, sans preuve, l’acte de Pretti de “terrorisme intérieur”. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé que le président Trump n’avait pas qualifié Pretti de terroriste.
L’affaire a également déclenché une réaction au-delà du Minnesota. En Californie, le président de l’Assemblée Robert Rivas a annoncé que des législateurs travaillaient à de nouvelles lois pour tenir le gouvernement fédéral et les agents de l’ICE responsables de leurs actions. “Il semble que notre droit à la vie lui-même soit menacé,” a-t-il déclaré.
Vidéo CNN sur les réactions à Minneapolis (remplacer par un lien réel)
La tension reste palpable à Minneapolis, où les appels à un retrait des agents fédéraux se multiplient. Soren Stevenson, membre du conseil municipal, a déclaré que l’envoi de Tom Homan ne ferait qu’aggraver la situation. “Ils perdent la bataille dans l’esprit des gens,” a-t-il affirmé, soulignant que les vidéos contredisent les récits officiels.
