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Marchés financiers et politique : qui est le meilleur pour l’économie ?

Le marché boursier et la politique : une relation complexe, au-delà des simples affiliations partisanes

Par Antoine Dubois, Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com

Washington – L’influence des présidents et de leurs partis sur la performance des marchés financiers est un débat récurrent. Historiquement, les républicains ont souvent été perçus comme plus favorables aux entreprises, tandis que les démocrates ont été associés à une régulation accrue. Pourtant, une analyse plus approfondie révèle une réalité bien plus nuancée, où la dynamique politique interne et les politiques économiques spécifiques priment sur la simple appartenance partisane.

Depuis 1860, les deux grands partis américains se sont alternés au pouvoir, chacun laissant son empreinte sur l’économie. Si les démocrates ont dominé de 1932 à 1980 et plus récemment de 2008 à 2024, les républicains ont occupé la Maison Blanche de 1860 à 1932. L’idée que l’un des deux partis soit intrinsèquement meilleur pour les marchés est tenace, mais les données suggèrent une autre conclusion : la stagnation politique, ou “gridlock”, où le Congrès et la présidence sont contrôlés par des partis différents, est souvent le scénario le plus favorable. Ce partage du pouvoir, en instaurant un système de contrôle et d’équilibre, limite les excès et les interventions fédérales potentiellement perturbatrices.

Cependant, mesurer l’impact réel d’un président sur les marchés est une tâche ardue. Les périodes de transition électorale, comme celles de 2000 (éclatement de la bulle internet), 2008 (crise financière) et 2020 (pandémie de COVID-19), sont particulièrement difficiles à évaluer, car elles sont souvent marquées par une forte volatilité et des événements imprévisibles. Il est crucial de définir un point de départ et d’arrivée pertinent pour l’analyse, qu’il s’agisse du jour de l’élection, du début de l’année, de l’investiture ou même d’une période antérieure où les marchés anticipent déjà le résultat de l’élection.

Au-delà de ces considérations méthodologiques, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. La volatilité des marchés, la composition du Congrès, le degré de coopération entre le président et les législateurs, et surtout, l’inflation, sont autant d’éléments qui peuvent influencer la performance économique. La plupart des analyses historiques négligent l’impact de l’inflation, ce qui rend leurs conclusions potentiellement biaisées.

Le contenu des politiques prime sur l’étiquette partisane

Il est donc plus pertinent d’examiner les politiques économiques concrètes adoptées pendant le mandat d’un président, plutôt que de se focaliser sur son affiliation politique. L’exemple de Bill Clinton et de Newt Gingrich, le leader républicain de la Chambre des représentants dans les années 1990, est éloquent. Ensemble, ils ont mis en œuvre des réductions d’impôts sur les plus-values et créé des budgets équilibrés, contribuant à une période de forte croissance économique. Attribuer le mérite de ces succès à un seul parti est une simplification excessive.

L’histoire offre d’autres exemples frappants. Sous la présidence de John F. Kennedy, puis de Lyndon B. Johnson dans les années 1960, une réduction drastique du taux d’imposition marginal supérieur, passant de 91% à 70%, combinée à des baisses d’impôts sur les sociétés et des tarifs douaniers, a stimulé une période de prospérité économique prolongée, la plus longue et la plus forte de l’après-guerre. Art Laffer, dans son ouvrage “Taxes Have Consequences: An Income Tax History of the United States” (2022), analyse en détail cet épisode.

Plus récemment, les réductions d’impôts adoptées sous l’administration Trump en 2017 ont continué à produire des effets sous la présidence de Joe Biden. Si les recettes fiscales ont augmenté depuis 2019, les dépenses fédérales ont également connu une hausse significative, entraînant un déficit cumulé de 12,6 billions de dollars entre 2020 et 2025. La question de savoir qui doit être crédité de la croissance économique observée – Trump ou Biden – est donc complexe.

L’importance de maîtriser les dépenses publiques

L’augmentation de 57,6% des dépenses fédérales entre 2019 et 2025, alors que l’indice des prix à la consommation n’a augmenté que de 26,5%, soulève des questions importantes. Il semble que le problème principal ne soit pas le niveau des recettes fiscales, mais plutôt la maîtrise des dépenses publiques.

À l’approche de 2026, avec l’entrée en vigueur de nouvelles réductions d’impôts, il est crucial de surveiller de près l’impact sur la croissance économique. Certains experts prévoient une croissance de 5% pour l’année prochaine, mais cela dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à contrôler les dépenses et à maintenir une politique fiscale responsable.

En conclusion, l’impact des présidents et de leurs partis sur les marchés financiers est un sujet complexe qui ne peut être réduit à de simples affiliations politiques. Une analyse rigoureuse, tenant compte des politiques économiques spécifiques, de l’inflation, de la volatilité et de la dynamique politique interne, est essentielle pour comprendre les forces qui façonnent l’économie américaine. L’avenir dira si les nouvelles réductions d’impôts stimuleront une nouvelle période de croissance, ou si la maîtrise des dépenses publiques restera le principal défi à relever.

Image d’illustration : Graphique du PIB réel américain (FRED Chart)

Image d’illustration : Résumé du budget fédéral américain (CBO Data Table)

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