Au printemps, des sous-marins russes ont simulé le déploiement d’une technologie secrète destinée à neutraliser des câbles sous-marins près de l’archipel du Svalbard. Une opération conjointe menée par la Grande-Bretagne, la Norvège et les États-Unis a intercepté et contraint les bâtiments à rebrousser chemin.
La découverte d’une nouvelle arme de destruction sous-marine, la localisation précise de l’incident et l’implication directe de Washington n’avaient pas encore été divulguées lorsque la Grande-Bretagne et la Norvège avaient annoncé en avril avoir mis au jour des activités clandestines russes dans les eaux arctiques. Cette intervention au large du Svalbard met en lumière la vulnérabilité des infrastructures numériques mondiales face aux ambitions de Moscou.
Une opération conjointe au large du Svalbard pour neutraliser des manœuvres russes
Dans les profondeurs de l’Arctique, près de l’archipel isolé du Svalbard, des sous-marins russes s’entraînaient ce printemps à utiliser un armement secret conçu pour endommager les câbles sous-marins essentiels sans laisser de traces, selon des informations exclusives rapportées par des responsables occidentaux selon l’agence Reuters. L’opération clandestine a été menée par la direction de la recherche en grande profondeur de la Russie, une structure connue sous l’acronyme GUGI, qui a eu recours à des submersibles pour simuler le déploiement de cette technologie sophistiquée.
Une force conjointe associant la Grande-Bretagne, la Norvège et les États-Unis a traqué et confronté les navires russes en mer, contraignant les bâtiments à interrompre leur exercice avant de quitter la zone. Aucun câble n’a été endommagé lors de ces manœuvres, qui visaient à préparer l’utilisation de cette technologie en cas de conflit avec l’Alliance atlantique d’après les précisions de la presse internationale.
Le rôle stratégique des câbles de fibre optique et de la station SvalSat
Les câbles sous-marins menacés, d’un diamètre comparable à celui d’un tuyau d’arrosage, reposent sur les fonds marins ou sont à peine enfouis, constituant la colonne vertébrale des communications numériques mondiales et des transactions financières. Deux câbles à fibre optique de 1 400 kilomètres de long relient l’archipel du Svalbard à la Norvège continentale, descendant jusqu’à 2 700 mètres de profondeur.

Ces infrastructures acheminent d’immenses volumes de données satellitaires téléchargées à la station terrienne SvalSat, la plus grande au monde, qui est intégrée au réseau Near Space Network de la NASA. Face à cette situation, la Norvège prévoit de poser un nouveau câble sous-marin d’ici 2028 pour relier l’île de Jan Mayen et le Svalbard au reste du pays.
La réaction des ministres et la crainte d’une confrontation avec l’OTAN
Les services de renseignement occidentaux redoutent que le Kremlin n’intensifie ses opérations de sabotage en Europe et ne prépare un affrontement direct avec l’OTAN. Certains analystes américains craignent que Moscou ne cherche à tester l’article 5 du traité de l’Alliance atlantique, qui stipule la défense mutuelle, une manœuvre dans laquelle la destruction de câbles sous-marins jouerait un rôle central.

Tore Sandvik, ministre de la Défense de la Norvège, a déclaré que leur opération conjointe avait permis d’envoyer à la Russie le message clair qu’elle ne pouvait pas agir clandestinement.
Le ministre norvégien a également ajouté que les autorités avaient clairement fait savoir à Moscou que toute tentative de cibler les infrastructures critiques serait détectée et s’accompagnerait de conséquences, estimant qu’il n’est dans l’intérêt de personne d’en venur à une escalade des tensions dans le Grand Nord.
Tore Sandvik, ministre de la Défense de la Norvège
Le ministère russe de la Défense n’a pas répondu aux demandes de commentaires, tandis que le Kremlin nie systématiquement mener des opérations de sabotage ou planifier une confrontation avec les pays de l’OTAN.
Pour aller plus loin