Quatre généraux de la police ont été désignés comme suspects dans l’affaire de présumées écoutes illégales visant le président Prabowo Subianto.
L’enquête menée par la Bareskrim de la police nationale a abouti à l’inculpation de l’ancien chef de la police nationale et ancien chef de cabinet présidentiel, le général Listyo Sigit Prabowo, ainsi que de trois autres hauts gradés : l’inspecteur général Ahrie Sonta Nasution, l’inspecteur général Eko Hadi Santoso et l’inspecteur général Slamet Uliandi. Les investigations ont mis au jour un dispositif d’écoute clandestine déployé entre 2025 et 2026, touchant environ 6 000 cibles, dont le chef de l’État et des membres de son entourage, à l’instar du secrétaire du Cabinet Teddy Indra Wijaya, selon les précisions apportées par Mahfud MD dans des déclarations relayées par Berandasulsel.
Les réactions des institutions et la qualification des faits
Le chef de l’Agence nationale du renseignement (BIN), M. Herindra, a qualifié ces agissements d’illégaux et d’attentatoires à la sécurité de l’État lors de son passage à l’Istana Kepresidenan, comme le rapporte Kompas.
La commission juridique de la Chambre des représentants (DPR), par la voix de son président Habiburokhman, a demandé que toute la lumière soit faite sur les commanditaires de cette opération d’envergure. Les investigations sont coordonnées par le chef de la Bareskrim, le commissaire général Asep Safrudin, agissant au sein d’une équipe spéciale mise en place par le chef de la police nationale, le général Suyudi Ario Seto. La police nationale a précisé que le positionnement juridique des suspects repose sur des infractions présumées en lien avec le Code pénal ainsi que sur la législation relative à l’information et aux transactions électroniques, l’enquête visant à déterminer l’origine des directives transmises aux exécutants sur le terrain.

Parallèlement, la confrontation des influences politiques entre l’administration actuelle et l’ancienne présidence dirigée par Joko Widodo constitue la toile de fond de cette crise. Des figures académiques et des observateurs, à l’instar de Supriatma, rappellent que la période précédente avait vu l’appareil policier acquérir une influence considérable, rendant la transition particulièrement délicate pour l’actuel chef de l’État. Desrogations organisations locales, telles que Humanika et le GPK de la province de Lampung, ont exprimé leur soutien aux actions de la police.
Le débat sur l’encadrement juridique et les droits fondamentaux
Du côté de la société civile, l’affaire dépasse le seul cadre de la sécurité présidentielle. La Yayasan Lembaga Bantuan Hukum Indonesia (YLBHI) a exigé, dans un communiqué diffusé le 3 novembre 2026, une investigation complète sur toute la chaîne de commandement, de la conception de l’opération à l’utilisation des données collectées. L’organisation rappelle que l’absence d’une loi spécifique sur les interceptions téléphoniques conforme aux principes des droits de l’homme, tel que requis par la décision de la Cour constitutionnelle, fragilise la protection de la vie privée garantie par la Constitution.
Amnesty International Indonesia a abondé dans le même sens, soulignant que les écoutes ont pu viser un large spectre d’acteurs de la société civile, incluant des journalistes, des militants et des opposants politiques. Pour sa part, la Komisi Kepolisian Nasional (Kompolnas) a indiqué préparer l’examen des aspects déontologiques concernant les quatre officiers généraux impliqués, tout en attendant les conclusions des investigations pénales menées par la police nationale, d’après les informations de Bsinews. Les commissaires de la Kompolnas, parmi lesquels figure Yusuf Warsyim, insistent sur la nécessité d’examiner des preuves juridiquement valables afin d’asseoir toute accusation sur des faits rigoureusement établis et conformes à l’éthique constitutionnelle.
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