Home NouvellesL’Irlande se mobilise pour la Palestine : de l’empathie à l’action

L’Irlande se mobilise pour la Palestine : de l’empathie à l’action

Liens Historiques Inattendus : L’Irlande et la Turquie, une Alliance forgée dans l’Aide et la Résistance

DUBLIN/ISTANBUL – Des liens historiques surprenants émergent entre l’Irlande et la Turquie, révélant une relation de solidarité qui remonte au XIXe siècle et qui continue d’influencer les perceptions mutuelles aujourd’hui. Loin d’être une simple curiosité historique, cette alliance discrète témoigne de la complexité des relations internationales et de la puissance de l’aide humanitaire.

L’histoire commence en 1847, au plus fort de la Grande Famine irlandaise. Alors que l’Irlande était ravagée par la famine et la maladie, l’Empire ottoman, sous le règne du sultan Abdülmecid Ier, a répondu avec une aide significative. Contre toute attente, Constantinople a envoyé nourriture et aide financière, allant même jusqu’à expédier du foin pour nourrir le bétail irlandais depuis le port de Shkodra (aujourd’hui en Albanie). Ce geste de compassion a été salué par la reine Victoria, qui a adressé une lettre de remerciement conservée dans les archives ottomanes, et réciproquement par une délégation irlandaise rendue à Istanbul.

Cette aide n’est pas restée sans suite. Le colonel Thomas Polson, un officier irlandais, a pris la défense des intérêts ottomans contre les pressions russes et grecques, publiant ses opinions dans le journal Fermanamil en Irlande. En reconnaissance de ses efforts,le sultan lui a décerné une médaille en 1880.

Le lien s’est renforcé au XXe siècle, pendant la guerre d’indépendance turque. L’Irlande et la Turquie, partageant un ennemi commun – le Royaume-Uni – ont naturellement convergé vers un soutien mutuel, comme le confirment les recherches du professeur Mehmet Temel dans les archives ottomanes.

Un symbole frappant de cette relation se trouve dans les armoiries de la ville irlandaise de Drogheda.La présence du croissant et de l’étoile, traditionnellement associés à l’Islam, est souvent attribuée à la gratitude pour l’aide apportée par le sultan Abdülmecid pendant la famine. Bien que cette interprétation soit sujette à débat, elle témoigne de l’impact durable de cette aide sur l’imaginaire irlandais. La présidente irlandaise Mary McAleese a d’ailleurs évoqué ce lien lors d’une visite en Turquie en 2010.

Au-delà de ces événements spécifiques, cette histoire souligne une tendance plus large : la capacité de nations à transcender les différences culturelles et religieuses en faveur de la solidarité humaine et de la résistance à l’oppression. Elle rappelle également que les alliances internationales peuvent se forger dans des circonstances inattendues, basées sur des intérêts partagés et des valeurs communes.

Dans un contexte mondial actuel marqué par des conflits et des crises humanitaires, l’exemple de la relation entre l’Irlande et la Turquie offre une perspective précieuse sur la possibilité de construire des ponts entre les cultures et de promouvoir la coopération internationale.L’histoire commune de ces deux nations, forgée dans l’aide et la résistance, pourrait inspirer de nouvelles formes de solidarité et de collaboration pour un avenir plus juste et pacifique.

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