Home DivertissementLégendes du baseball noir : l’MLB reconnaît enfin les statistiques

Légendes du baseball noir : l’MLB reconnaît enfin les statistiques

Le baseball réécrit son histoire : l’intégration des statistiques des Negro Leagues, un pas en avant, mais insuffisant

NEW YORK – Major League Baseball (MLB) a officiellement intégré les statistiques des Negro Leagues à son palmarès historique, une décision saluée comme un pas important vers la reconnaissance d’une époque longtemps négligée du baseball américain. L’annonce, effective depuis décembre 2020, modifie les classements et les records, propulsant notamment Josh Gibson au sommet des statistiques de frappe, dépassant même Babe Ruth.

Cette intégration, bien que tardive, est le fruit d’un effort pour corriger une injustice historique. Les Negro Leagues, nées de la ségrégation raciale, ont offert une plateforme à des athlètes noirs talentueux privés d’accès aux ligues majeures. Ces ligues étaient, à leur apogée, un spectacle sportif de premier plan, attirant des foules considérables et développant un style de jeu unique, comme le souligne Dennis Biddle, un ancien joueur des Negro Leagues : « Le style, la technique de jeu [dans les Negro Leagues] était différent de celui des ligues majeures. »

L’impact de cette décision est immédiat. Gibson, avec une moyenne de puissance de .718 et une moyenne de présence sur les buts plus puissance de 1.777, devient le nouveau leader de ces catégories. Des joueurs comme James “Cool Papa” Bell, connu pour sa vitesse et sa moyenne de .331, et Satchel Paige, un lanceur dominant avec un ratio de retraits sur neuf manches inégalé, voient leur héritage enfin reconnu à sa juste valeur.

Cependant, l’intégration des statistiques n’est qu’une première étape. De nombreux observateurs estiment que la MLB doit aller plus loin pour réparer les torts causés aux joueurs des Negro Leagues. « Cela donne une crédibilité supplémentaire à l’importance des Negro Leagues, tant sur le terrain qu’en dehors », a déclaré Bob Kendrick, président du Negro Leagues Baseball Museum, à MLB.com. Mais il souligne que la simple validation statistique ne suffit pas.

Les revendications pour des pensions et des arriérés de salaire pour les anciens joueurs des Negro Leagues se font de plus en plus fortes. L’ajout récent au fonds de pension de la MLB est un pas dans la bonne direction, mais il est jugé incomplet. L’histoire de l’exploitation des joueurs des Negro Leagues est poignante : Branch Rickey, lorsqu’il a signé Jackie Robinson, a qualifié les ligues noires de « racket » et n’a versé aucune compensation à la franchise qui avait développé le talent de Robinson, les Kansas City Monarchs. Effa Manley, propriétaire des Newark Eagles, a raconté en 1977 comment elle n’avait pu protester contre cette pratique, de peur de se voir reprocher d’empêcher des joueurs d’accéder aux ligues majeures.

L’intégration des Negro Leagues à l’histoire du baseball est un rappel poignant de la ségrégation raciale aux États-Unis et de la résilience des athlètes noirs qui ont surmonté ces obstacles. Il est essentiel de préserver et de promouvoir l’histoire des Negro Leagues, au-delà de Jackie Robinson Day et de quelques maillots rétro. Il s’agit de reconnaître la contribution inestimable de ces joueurs et de leur ligue à l’évolution du baseball, un sport qui, grâce à eux, est véritablement devenu le « passe-temps américain ».

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