Quatre jours après qu’un pilote de flydubai a tenté de détourner un avion transportant 174 passagers vers Tel-Aviv, le ministère des Transports admet ne disposer d’aucun contrôle direct sur les équipages étrangers. Tandis que le gouvernement se rejette la responsabilité, de nouvelles vérifications sont menées pour identifier d’éventuelles failles de sécurité.
L’incident évité de justesse dans le ciel, survenu lorsqu’un copilote a agressé le commandant de bord pour tenter de précipiter l’appareil au sol, expose une faille béante dans l’architecture de la sécurité aérienne israélienne. Les autorités ont confirmé que les listes d’équipages n’étaient pas systématiquement vérifiées par les services de transport avant l’atterrissage, soulevant des interrogations urgentes sur la provenance et les antécédents des pilotes étrangers opérant dans l’espace aérien national.
Le ministère reconnaît des angles morts et l’absence de vérification préalable des équipages
Le ministère insiste sur le fait qu’il ne constitue pas un service de renseignement et qu’il s’en remet entièrement aux déclarations des compagnies aériennes et des autorités de leur pays d’origine. Cette dépendance réglementaire internationale s’accompagne d’une admission troublante : les autorités ignorent si des pilotes issus de pays tiers ou ennemis ont foulé le tarmac de l’aéroport international Ben-Gurion au cours des dernières années, à l’instar du copilote impliqué dans la tentative de sabotage, qui détenait un passeport omanais.

La ministre rejette la responsabilité sur le Mossad et le Shin Bet
Face aux critiques croissantes, la ministre des Transports Miri Regev est intervenue pour clarifier le partage des rôles, rejetant la faute sur les agences de renseignement chargées de la sécurité extérieure et intérieure. Selon la position officielle de son cabinet, le filtrage des équipages étrangers relève strictement de la compétence des services de sécurité et non de son administration.
Le sujet du renseignement est divisé entre le Mossad et le Shin Bet. Le Shin Bet est responsable des vols israéliens et des vols affrétés. Le Mossad est responsable des vols étrangers.

La ministre a également rappelé que la compagnie flydubai dépendait directement des vérifications sécuritaires menées par le Mossad avant d’assurer des liaisons avec le territoire israélien. Pourtant, des contradictions sont apparues concernant le rôle exact du Centre national d’analyse des données de passagers, rattaché à l’administration fiscale, qui reçoit les listes d’équipages et transmet les informations aux agences de maintien de l’ordre, dont la police et le Shin Bet.
Des vérifications visent le mystère des passeports multiples
Tandis que les services de sécurité examinent l’hypothèse selon laquelle d’autres pilotes dotés d’une double nationalité — notamment syrienne, iranienne ou irakienne — auraient pu atterrir en Israël par le passé, le profil du principal suspect fait l’objet d’investigations poussées. L’enquête cherche à comprendre comment un citoyen omanais a pu intégrer l’équipage d’un vol commercial à destination de Tel-Aviv malgré les interdictions d’entrée en vigueur.
Les autorités demeurent dans l’attente d’un accès direct au principal suspect, actuellement détenu et interrogé à l’étranger. Les données transmises par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite constituent pour l’instant la seule source d’information disponible pour les enquêteurs israéliens, qui tentent d’établir si le sabotage manqué relevait d’une initiative isolée ou d’une faille systémique plus vaste au sein de l’aviation civile internationale.
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