Breaking News : Deux Espagnoles impliquées dans Daesh condamnées à 16 mois de prison
madrid, Espagne – Le Tribunal National espagnol a condamné deux ressortissantes espagnoles, Yolanda martínez Cobos et Luna Fernández, à 16 mois de prison pour leur participation à l’organisation terroriste Daesh en Syrie. Les deux femmes, rapatriées vers l’Espagne, ont reconnu s’être rendues en Syrie avec l’intention de rejoindre l’organisation et d’y assumer un rôle actif, motivées par une interprétation radicale de l’islam.
Les deux femmes ont passé un an et huit mois en détention provisoire avant d’être libérées en septembre 2024.La peine de 16 mois tient compte de cette période déjà purgée, bien qu’elles puissent bénéficier d’un régime de semi-liberté après un an et quatre mois supplémentaires.
L’affaire soulève des questions complexes concernant le traitement des combattants étrangers et de leurs familles revenant de zones de conflit. Les avocats des condamnées ont plaidé pour la reconnaissance du temps passé dans le camp d’al Hawl, en Syrie, après la chute de Baguz, dernier bastion de Daesh. Cependant, le tribunal a jugé que ce séjour, bien que difficile, ne pouvait être assimilé à une détention pénitentiaire et n’a donc pas été pris en compte dans le calcul de la peine.
Martínez Cobos était mariée à un combattant présumé de Daesh, Omar el Harchi el Fertakh, tandis que fernández est veuve d’un djihadiste décédé, Mohamed el Amin Aabou. Les deux femmes étaient responsables de plusieurs enfants, Martínez Cobos de quatre et Fernández de huit, dont elle avait assumé la garde après la mort des parents.
Le juge Santiago Pedraz a souligné que les deux femmes n’avaient sollicité leur rapatriement qu’après la défaite territoriale de Daesh, lorsqu’elles ont été localisées et internées au camp d’Al Hawl, figurant sur les listes internationales de combattants terroristes étrangers.
Contexte et enjeux : Le retour des combattants étrangers et leurs familles
Ce verdict intervient dans un contexte international de débat sur la gestion du retour des combattants étrangers et de leurs familles des zones de conflit. Les pays européens, et l’Espagne en particulier, sont confrontés à un dilemme : comment concilier la nécessité de lutter contre le terrorisme avec le respect des droits fondamentaux et la protection des enfants ?
le rapatriement de ces individus et de leurs familles pose des défis logistiques, juridiques et sécuritaires considérables. Les autorités doivent évaluer le niveau de radicalisation, le risque de récidive et la nécessité de programmes de déradicalisation. La prise en charge des enfants, souvent traumatisés par les conflits, est également une priorité.
L’Espagne, comme d’autres pays européens, a adopté une approche pragmatique, privilégiant la poursuite judiciaire des adultes impliqués dans des activités terroristes tout en mettant en place des mesures de protection et de réinsertion pour les enfants. Ce cas illustre la complexité de ces enjeux et la nécessité d’une approche globale et coordonnée pour faire face à la menace terroriste.
