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La Chine met en avant la cérémonie d’initiation Kalachakra du Panchen Lama

by Louis Girard - Tech

chine : Cérémonie Kalachakra orchestrée par le Panchen Lama désigné par Pékin suscite la controverse

Xigaze, Tibet Une cérémonie d’autonomisation du Kalachakra de quatre jours, dirigée par Gyaincain Norbu, figure de proue désignée par Pékin comme Panchen Lama, s’est achevée récemment au monastère de Tashilhunpo à Xigaze, au Tibet. L’événement, largement relayé par les médias d’État chinois sous le nom de “Xizang”, est présenté comme une démonstration de compétence religieuse.

Le Kalachakra, considéré comme le rituel d’initiation tantrique le plus vital du bouddhisme tibétain, est traditionnellement conféré par des lamas de haut rang. Cependant, la cérémonie menée par Gyaincain Norbu est entachée de controverse. Il n’est pas reconnu comme le 11ème Panchen Lama par la majorité des bouddhistes tibétains traditionnels,qui considèrent que la réincarnation du 10ème panchen Lama a été choisie et contrôlée par le gouvernement chinois.

Des sources en exil rapportent que l’assistance à la cérémonie a été largement contrainte.Des médias tibétains basés à l’étranger affirment que des représentants de monastères et des fidèles ont été forcés de participer pour donner une image de légitimité et de soutien populaire à Gyaincain Norbu. Des témoignages évoquent même l’obligation pour chaque famille de la région d’envoyer au moins un membre,malgré la période cruciale des récoltes.

Il s’agit de la deuxième cérémonie d’autonomisation du Kalachakra dirigée par Gyaincain Norbu,la première ayant eu lieu en 2016 à Dechen Phodrang. Cet événement avait également été critiqué pour des allégations de manipulation des foules par le biais d’incitations financières et de pressions exercées sur la population locale.

Contexte : La question de la réincarnation au Tibet

La question de la réincarnation des lamas est au cœur des tensions entre le gouvernement chinois et la communauté bouddhiste tibétaine. Traditionnellement, la sélection d’un lama réincarné est un processus spirituel complexe, guidé par des visions, des signes et l’interprétation de hauts lamas.

Depuis l’invasion du Tibet par la Chine en 1950,Pékin a cherché à contrôler le processus de réincarnation,notamment en ce qui concerne le dalaï-lama et le Panchen Lama. Le gouvernement chinois considère que le droit de reconnaître les réincarnations appartient au gouvernement central, une position rejetée par la communauté bouddhiste tibétaine, qui la considère comme une ingérence dans les affaires religieuses.

Le choix de Gyaincain Norbu comme Panchen Lama par Pékin est perçu par de nombreux Tibétains comme une tentative de créer une figure religieuse contrôlée par l’État, capable de légitimer la présence chinoise au Tibet et de saper l’autorité du dalaï-lama. La controverse entourant ces cérémonies souligne la complexité de la situation religieuse et politique au Tibet,et la persistance des tensions entre le gouvernement chinois et la population tibétaine.

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