Kenya : Coup d’accélérateur sur les grands projets d’infrastructure, mais avec des revirements
Nairobi, Kenya – Le gouvernement kenyan a annoncé une série de décisions stratégiques concernant ses grands projets d’infrastructure, signalant un changement de cap et une volonté de relancer des initiatives précédemment bloquées. Ces annonces interviennent dans un contexte de recherche de développement économique et de renforcement des partenariats internationaux.
Récemment, le comité en charge de l’évaluation des projets d’infrastructure a pris des décisions contrastées. Un contrat avec une société britannique pour un projet non spécifié a été résilié en raison de non-conformité aux exigences locales. Paradoxalement, cette même société s’est vue autorisée à modifier son étude de faisabilité pour de futurs appels d’offres. Cette décision s’est accompagnée de l’annulation d’autres projets majeurs, notamment l’autoroute Nairobi-Mombasa, estimée à 464 milliards de shillings kenyans. seul le projet d’autoroute Nairobi-Nakuru a été maintenu.
reprise des barrages controversés
Le président Ruto a également annoncé la reprise de la construction de trois barrages majeurs – Arror, Kimwarer et Itare – initialement confiés à des entreprises italiennes. Ces projets étaient au point mort suite à des procédures judiciaires lancées par l’administration précédente. En 2019, l’ancien président Uhuru Kenyatta avait annulé le projet de barrage de Kimwarer après une enquête révélant des problèmes de viabilité technique et financière.
Le gouvernement kenyan et les entreprises italiennes impliquées (CMC Ravenna Construction Company, Sace et Banca Intesa Sanpaolo) ont convenu de retirer les poursuites judiciaires liées à l’annulation du contrat de 2017 pour la construction de ces barrages dans la vallée de Kerio, pour un coût estimé à 500 millions d’euros. L’affaire, entachée d’accusations de corruption, avait bloqué des financements importants entre l’Italie et le Kenya.
Contexte et perspectives
Ces décisions reflètent une volonté du gouvernement Ruto de débloquer des projets d’infrastructure clés pour stimuler la croissance économique. La reprise des barrages, en particulier, est cruciale pour l’approvisionnement en eau et la production d’énergie hydroélectrique, deux enjeux majeurs pour le Kenya. Cependant, la résiliation du contrat avec la société britannique et l’annulation de l’autoroute Nairobi-Mombasa soulignent les défis liés à la gestion des projets d’infrastructure, notamment en matière de conformité, de transparence et de viabilité financière.
Le Kenya, en pleine expansion démographique et économique, est confronté à des besoins croissants en infrastructures. Ces projets, une fois achevés, devraient contribuer à améliorer la connectivité, l’accès à l’eau et à l’énergie, et à renforcer la position du pays en tant que hub régional en Afrique de l’Est. L’avenir de ces initiatives dépendra de la capacité du gouvernement à assurer une gestion efficace,transparente et durable.
