Home DivertissementJonny Greenwood (Radiohead) : la musique au-dessus de la politique

Jonny Greenwood (Radiohead) : la musique au-dessus de la politique

Radiohead au cœur de la controverse : Jonny Greenwood défend l’art au-delà de la politique

Londres – La tournée de Radiohead, qui a marqué le retour sur scène du groupe britannique après sept ans d’absence, continue de susciter la polémique. Au cœur des débats : l’engagement politique des artistes et la place de la musique dans un contexte géopolitique tendu. Jonny Greenwood, guitariste du groupe, a récemment défendu une vision où l’art et la musique devraient transcender les considérations politiques, une position qui a ravivé les critiques et les appels au boycott.

L’origine de la controverse remonte à 2017, lorsque Radiohead s’est produit en Israël. Des militants pro-palestiniens, notamment au sein du mouvement BDS (Boycott, Divestissement et Sanctions) et de la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), ont dénoncé ce concert, arguant que le silence du groupe face à ce qu’un rapport indépendant de l’ONU a qualifié de “genocide” à Gaza (accusation que l’État d’Israël conteste) constituait une complicité.

Interrogé par The Times, Greenwood a exprimé sa difficulté à aborder le sujet, affirmant : “Je pense que la musique et l’art devraient être au-dessus et au-delà des préoccupations politiques.” Il a souligné son implication dans des collaborations musicales transcendant les frontières nationales, citant son album “Jarak Qaribak” (2023), fruit d’une collaboration avec des musiciens israéliens, irakiens, égyptiens et syriens. “Si je devais arrêter de travailler avec des musiciens parce que je désapprouve leurs gouvernements, je ne travaillerais avec aucun d’entre eux”, a-t-il déclaré.

La situation personnelle de Greenwood ajoute une couche de complexité à la controverse. Marié à l’artiste israélienne Sharona Katan, dont le neveu a perdu la vie en servant dans l’armée israélienne, il collabore également avec le chanteur israélien Dudu Tassa. Leur projet musical a été perturbé par des protestations et l’annulation de concerts au Royaume-Uni, qualifiée par Greenwood et Tassa de “méthode de censure”.

[Intégrer ici la vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=ObW6bGDoi3Q]

Malgré les pressions, Greenwood et Tassa ont continué à se produire, notamment en Israël en 2024, où ils ont appelé à la paix lors d’un concert qui a suivi une manifestation en faveur de la libération des otages retenus à Gaza et de nouvelles élections.

Le chanteur de Radiohead, Thom Yorke, n’est pas resté silencieux face aux critiques. Lors d’un concert solo à Melbourne en 2024, il s’est confronté verbalement à un manifestant pro-palestinien qui interrompait sa performance. En mai de la même année, Yorke a dénoncé les “chasses aux sorcières” sur les réseaux sociaux et a affirmé que son silence était injustement interprété comme une complicité. Il a également annoncé que Radiohead ne reviendrait pas se produire en Israël et a exprimé son aversion pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu. “La chasse aux sorcières sur mon positionnement me réveille la nuit”, a-t-il déclaré en octobre dernier.

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La tournée de Radiohead, saluée par la critique – NME a attribué cinq étoiles à leur concert à Londres – soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des artistes dans un monde en proie aux conflits. Le débat dépasse le cas spécifique de Radiohead et interroge la possibilité de séparer l’art de la politique, et les conséquences de l’engagement ou du désengagement des artistes face aux enjeux géopolitiques. Selon un rapport de l’ONU de 2022, les conflits armés ont causé plus de 100 000 décès en 2021, soulignant l’urgence de trouver des solutions pacifiques et le rôle potentiel de la culture dans la promotion du dialogue et de la compréhension mutuelle. La controverse entourant Radiohead illustre la complexité de cet équilibre et la difficulté pour les artistes de naviguer dans un paysage politique de plus en plus polarisé.

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