'I've never been to Afghanistan': Six million deportees forced to start over under the Taliban

Plus de 2,6 millions de personnes ont été expulsées de force par l’Iran et le Pakistan vers l’Afghanistan au cours de l’année 2025. Cette situation aggrave une crise humanitaire majeure alors que le pays subit les restrictions sévères du régime des talibans, particulièrement à l’égard des femmes et des filles.

Une expulsion massive depuis l’Iran et le Pakistan

L’année 2025 a été marquée par le renvoi forcé de plus de 2,6 millions d’Afghans par leurs voisins frontaliers, principalement l’Iran et le Pakistan. Selon les chiffres des Nations unies, environ une grande partie de ces personnes expulsées sont des femmes et des enfants. Des milliers d’autres départs contraints ont également été enregistrés depuis la Turquie et le Tadjikistan.

Cette vague de retours forcés intervient dans un contexte de tensions politiques accrues. Au Pakistan, les autorités ont intensifié les expulsions à la suite d’affrontements frontaliers récents avec les talibans. En Iran, la situation administrative des réfugiés a basculé au printemps. Les autorités iraniennes disposaient d’un système de protection temporaire via un document de recensement octroyé en 2022 à environ 2,6 millions de ressortissants afghans pour leur permettre d’accéder à l’éducation, au travail et à la santé.

Cependant, le Centre des nationaux étrangers et des affaires d’immigration, relevant du ministère de l’Intérieur iranien, a annoncé que ces documents expiraient au début de l’année persane 1404, soit le 21 mars 2025. La fin de validité de ces titres a entraîné la résiliation de l’accès aux services socio-économiques. Les expulsions massives se sont ensuite intensifiées après l’escalade des hostilités entre Israël et l’Iran en juin 2025. Rien qu’entre les mois de juillet et d’octobre 2025, plus de 900 000 personnes ont été expulsées de territoire iranien.

L’appel des organisations internationales et la réalité sous les talibans

Face à ces flux continus, Amnesty International a exigé l’arrêt immédiat de tous les renvois vers l’Afghanistan, estimant que ces expulsions violent le principe de non-refoulement garanti par le droit international coutumier. Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud au sein de l’organisation, a souligné la gravité de la situation :

Smriti Singh, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Asie du Sud, a souligné que cet empressement à renvoyer de force des personnes en Afghanistan fait abstraction des motifs initiaux de leur fuite ainsi que des graves dangers auxquels elles s’exposent en cas de retour, tout en démontrant un mépris manifeste pour les obligations internationales des États et en constituant une violation du principe contraignant de non-refoulement.

Du côté des agences onusiennes, la situation humanitaire est jugée alarmante. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) estime que 21,9 millions de personnes ont besoin d’aide pour survivre en Afghanistan, soit près de la moitié de la population. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a alerté sur le fait qu’un million d’enfants font face à une malnutrition qualifiée de life-threatening.

Les retours s’effectuent dans un pays où les femmes et les jeunes filles subissent des interdictions strictes concernant l’éducation au-delà de 12 ans, l’accès à l’emploi et la liberté de mouvement. Les anciens employés du gouvernement déchu ou des forces de sécurité font également face à des représailles. À ce sujet, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement des talibans, Amir Khan Muttaqi, a reconnu lors d’un entretien à Kaboul que son pays avait besoin d’aide, tout en affirmant que les restrictions imposées aux femmes constituaient des internal issues.

Les pressions diplomatiques et les conditions d’accueil à la frontière

Les expulsions ne se limitent pas à la région frontalière de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient. Des pays européens, parmi lesquels l’Allemagne et l’Autriche, ainsi que l’Union européenne, ont engagé des discussions avec les autorités de fait à Kaboul afin de faciliter les renvois de ressortissants afghans déboutés du droit d’asile.

A girl with in a yellow outfit stares into the camera
Photo: bbc.co.uk

Pour de nombreux exilés, le retour en Afghanistan représente une épreuve redoutable. De nombreux arrivants, parfois nés à l’étranger ou partis depuis des années, se retrouvent au point de passage frontalier sans ressources matérielles. Les entretiens menés par les rapporteurs auprès de personnes expulsées d’Iran et du Pakistan témoignent de la difficulté de se réinstaller dans un pays en proie à une crise économique profonde et secoué par de récents cataclysmes naturels.

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