Israël démolit le siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est, ravivant les tensions
Jérusalem-Est – Les autorités israéliennes ont démoli mardi le siège de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Jérusalem-Est occupée, une action dénoncée comme une violation flagrante du droit international. Des bulldozers ont rasé plusieurs bâtiments du complexe, qui abritait autrefois des dizaines d’employés de l’agence.
L’opération, supervisée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a publié une vidéo de la démolition sur les réseaux sociaux, intervient après une ordonnance israélienne de l’année dernière exigeant que l’UNRWA quitte ses locaux et suspende ses activités. Les forces israéliennes ont également confisqué du matériel et expulsé le personnel de sécurité privé chargé de la protection du site. Un drapeau israélien flotte désormais sur les ruines.
“C’est un jour historique, un jour de célébration et un jour très important pour la gouvernance à Jérusalem”, a déclaré Ben Gvir.
L’UNRWA n’utilise plus le bâtiment depuis le début de l’année dernière. Son directeur en Cisjordanie, Roland Friedrich, a fermement rejeté les justifications israéliennes, affirmant que le complexe “reste une propriété des Nations unies et est protégé par les privilèges et immunités de l’ONU, quel que soit son utilisation actuelle”.
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël à cesser immédiatement les démolitions et à restituer les locaux de l’UNRWA “sans délai”, a déclaré son porte-parole adjoint, Farhan Haq.
Accusations d’affiliation à Hamas et controverse persistante
Israël justifie cette action en invoquant une loi interdisant l’UNRWA, arguant que certains membres du personnel de l’agence auraient des liens avec des groupes militants, notamment le Hamas. Ces accusations, qui ont conduit plusieurs pays à suspendre leur financement à l’UNRWA en début d’année, ont été fermement contestées par l’ONU, qui affirme avoir agi rapidement pour enquêter et prendre des mesures contre tout personnel suspect.
La Cour internationale de justice examine actuellement la légalité de l’interdiction imposée par Israël à l’UNRWA.
Condamnations internationales
L’opération a suscité une vague de condamnations internationales. L’Autorité palestinienne a dénoncé une “escalade délibérée” contre l’UNRWA, la qualifiant de tentative de “miner le système international de protection des réfugiés palestiniens”. L’Arabie saoudite, un important soutien financier à la cause palestinienne, a également condamné les actions des “forces d’occupation israéliennes” et réaffirmé son soutien à l’UNRWA dans sa mission humanitaire.
L’UNRWA joue un rôle crucial dans la fourniture d’une aide humanitaire et de services de santé et sociaux à environ 2,5 millions de réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ainsi qu’à 3 millions de personnes supplémentaires en Syrie, en Jordanie et au Liban. La perte de ce siège à Jérusalem-Est pourrait entraver davantage les opérations de l’agence dans une région déjà confrontée à une crise humanitaire profonde.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a défendu les démolitions, affirmant que l’État est propriétaire du terrain et que le complexe ne bénéficie d’aucune immunité. Cette affirmation est contestée par l’ONU.
