Iran : Des témoignages glaçants d’abus sexuels en détention ternissent la répression des protestations
Téhéran, Iran – Des allégations de violences sexuelles infligées par les forces de sécurité aux manifestants détenus en Iran, dont une adolescente de 16 ans, ont émergé, ajoutant une dimension particulièrement sombre à la répression brutale des protestations qui secouent le pays depuis fin décembre. Ces révélations, documentées par des organisations de défense des droits humains, soulignent une escalade de la violence d’État et suscitent une inquiétude croissante quant au sort des milliers de personnes arrêtées.
Selon le Kurdistan Human Rights Network (KHRN), deux individus, dont un mineur, arrêtés à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, ont rapporté avoir subi des agressions sexuelles de la part de policiers anti-émeute lors de leur arrestation. Rebin Rahmani, du KHRN, a précisé que les victimes ont décrit des attouchements avec des matraques et des pressions exercées sur la zone anale à travers leurs vêtements. L’organisation, en contact avec la famille de l’adolescente, déplore l’impossibilité d’obtenir des informations supplémentaires en raison de la coupure d’internet en Iran.
Ces accusations ne sont pas isolées. Des témoignages similaires ont émergé lors des manifestations nationales de 2022, où des détenus ont dénoncé des viols, des coups et des tortures infligés par la police. Une femme a raconté au Guardian avoir été aveuglée et agressée sexuellement par ses interrogateurs.
Le bilan de la répression s’alourdit de jour en jour. L’agence américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) fait état de 3 766 morts depuis le début des protestations, avec 8 949 décès supplémentaires en cours d’investigation. L’organisation norvégienne Hengaw a quant à elle documenté le meurtre de Sholeh Sotoudeh, une femme enceinte, et de son enfant à naître, lors d’une fusillade des forces de l’ordre dans le nord-ouest de l’Iran le 10 janvier.
Un autre cas particulièrement choquant est celui de Soran Feyzizadeh, 40 ans, décédé des suites de tortures en détention. Hengaw décrit un corps méconnaissable, couvert de blessures dues à de multiples coups. La famille a dû payer une somme importante pour récupérer le corps. Un proche de Feyzizadeh a confié au Guardian avoir été empêché de se rendre aux funérailles, la ville de Saqqez étant placée sous état de siège. “Ils l’ont tué. Ils ont tué Soran si brutalement”, a-t-il déclaré.
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L’Abdorrahman Boroumand Center for Human Rights in Iran, basé aux États-Unis, a recensé plus de 549 manifestants, dont 51 femmes, transférés à la prison centrale de Yazd, suscitant de vives inquiétudes quant à leur sécurité. Roya Boroumand, directrice de l’organisation, souligne que les arrestations arbitraires se multiplient à mesure que les manifestations s’essoufflent, augmentant le risque de torture pour les détenus. Elle rappelle que son centre a documenté de nombreux cas de mort en détention, accompagnés de sévices physiques et psychologiques, notamment des coups, des flagellations et des agressions sexuelles, au cours des dernières décennies.
Ces révélations mettent en lumière la nécessité urgente d’une enquête internationale indépendante sur les violations des droits humains commises en Iran. La communauté internationale doit exercer une pression accrue sur le gouvernement iranien pour qu’il respecte les droits fondamentaux de ses citoyens et mette fin à la violence contre les manifestants. La situation en Iran, déjà fragilisée par les sanctions économiques et l’isolement international, risque de se dégrader davantage si ces abus persistent.
[Intégration potentielle d’un tweet pertinent d’une organisation de défense des droits humains ou d’un rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation en Iran.]
La répression des protestations en Iran ne se limite pas à la violence physique. La coupure d’internet, qui entrave la communication et la diffusion d’informations, constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et un obstacle majeur à la documentation des abus. Le silence imposé aux manifestants ne doit pas être confondu avec l’absence de souffrance. Le monde doit entendre leurs voix et agir pour mettre fin à l’impunité.
