L’industrie indienne du divertissement atteint un sommet historique, portée par le succès de « Dhurandhar » et la montée en puissance du numérique
Mumbai, Inde – L’industrie indienne des médias et du divertissement (M&E) a connu une année record en 2025, atteignant 2,78 billions de roupies indiennes (29,63 milliards de dollars américains), une croissance de 9 % par rapport à l’année précédente. Ce succès est notamment dû au film « Dhurandhar », qui a battu tous les records, et à l’essor continu du numérique, selon le rapport annuel « Stories, Scale and Impact: Unlocking India’s Media and Entertainment Economy » publié mardi par la FICCI-EY.
Le secteur du divertissement cinématographique a enregistré sa meilleure année à ce jour, avec un chiffre d’affaires de 205 milliards de roupies (2,18 milliards de dollars). 37 films ont dépassé le seuil du milliard de roupies (10,7 millions de dollars) au box-office, témoignant d’un regain d’intérêt pour le cinéma en salles. Cependant, les revenus des droits numériques et satellite ont légèrement diminué, de respectivement 8 % et 10 %, en raison d’une rationalisation des acquisitions par les acheteurs et d’une adaptation des valeurs en fonction des performances en salles.
Mais c’est le numérique qui s’impose comme le moteur principal de cette croissance. Le segment des médias numériques a franchi pour la première fois la barre des 10,66 milliards de dollars, tandis que le marché du streaming en Inde a dépassé les 2,9 milliards de dollars. Une tendance notable est l’augmentation de la consommation de contenu en langues régionales, qui est passée de 27 % en 2020 à 56 % en 2025. Plus de 65 % des films produits dans le pays sont désormais en langues régionales.
La publicité a également contribué à cette dynamique positive, avec une augmentation de 13,5 % pour atteindre 15,98 milliards de dollars, soit 0,41 % du PIB indien. La publicité numérique a connu une croissance particulièrement forte, de 26 % à 10,09 milliards de dollars, représentant 63 % des revenus publicitaires totaux. Le commerce électronique et la publicité au point de vente ont explosé, augmentant de 50 % pour atteindre 2,34 milliards de dollars, soit 85 % des revenus de la publicité télévisée linéaire.
Le secteur des événements en direct a également connu une forte croissance, avec une augmentation de 44 % pour atteindre 1,55 milliard de dollars, stimulée par les concerts, les mariages, les événements gouvernementaux et les rassemblements religieux.
L’industrie du M&E contribue à environ 0,8 % du PIB indien et emploie directement 2,75 millions de personnes, avec un impact indirect sur plus de 10 millions d’emplois. En 2025, l’Inde a produit près de 200 000 heures de contenu, principalement en langues régionales autres que l’hindi.
Les perspectives d’avenir sont également prometteuses. Le rapport prévoit une croissance de 2,8 % en 2026, pour atteindre 30,48 milliards de dollars, et une croissance annuelle composée de plus de 7 % jusqu’en 2028. Les médias numériques devraient être le segment le plus dynamique, avec une croissance de 14 % par an pour atteindre 17,48 milliards de dollars d’ici 2028.
Kevin Vaz, président du comité des médias et du divertissement de la FICCI, a souligné que la performance numérique était « un signal très encourageant, soulignant la forte dynamique de croissance du secteur ». Il a également souligné l’importance d’une réglementation souple et de l’innovation pour assurer une croissance à long terme.
Ashish Shelar, ministre de l’Information et de la Culture du gouvernement du Maharashtra, a déclaré que l’expansion du secteur reflétait « non seulement l’échelle, mais aussi l’importance stratégique croissante du secteur pour l’économie nationale ». Il a ajouté que Mumbai « continue d’être la capitale créative de l’Inde et l’épicentre de notre écosystème des médias et du divertissement ».
