Hong Kong condamne le père d’une militante pro-démocratie pour infraction à la sécurité nationale, suscitant l’indignation internationale
HONG KONG – Un tribunal de Hong Kong a reconnu coupable Kwok Yin-sang, 68 ans, d’une infraction à la sécurité nationale après qu’il ait tenté de résilier la police d’assurance de sa fille et de retirer les fonds, une décision qui a suscité une vague de critiques internationales concernant la prise pour cible des familles de militants pro-démocratie. C’est la première condamnation prononcée en vertu de l’article 23, une loi sur la sécurité nationale d’origine locale, pour « tenter de traiter, directement ou indirectement, de fonds ou d’autres actifs financiers ou ressources économiques » appartenant à une personne en fuite.
La fille de Kwok, Anna Kwok, est l’une des figures de proue du Hong Kong Democracy Council (HKDC) basé à Washington, et figure parmi les 34 militants à l’étranger pour lesquels la police de Hong Kong a émis des mandats d’arrêt. Elle est accusée de collusion avec des forces étrangères et une prime de 1 million de dollars de Hong Kong (environ 128 000 dollars américains) a été offerte pour son arrestation.
« Le gouvernement de Hong Kong utilise cette situation pour semer la discorde entre moi et les Hongkongais, pour exploiter les émotions humaines contre moi », a déclaré Anna Kwok. « C’est un cheminement pour moi de comprendre ce que signifie l’activisme. » Elle a affirmé que cette action ne la dissuaderait pas de poursuivre son plaidoyer et son activisme.
Kwok Yin-sang a été accusé d’avoir tenté de retirer 88 609 dollars de Hong Kong d’une police d’assurance-épargne éducation qu’il avait souscrite pour sa fille lorsqu’elle avait près de deux ans. Il a plaidé non coupable et n’a pas témoigné lors du procès. Selon l’accusation, il a reconnu auprès de la police avoir connaissance du mandat d’arrêt émis contre sa fille et avoir souhaité résilier la police d’assurance en conséquence.
Son avocat, Steven Kwan, a plaidé devant le tribunal que les articles 89 et 90 de l’article 23 ne devraient pas s’appliquer à une situation où une personne gère simplement une police d’assurance qu’elle avait souscrite il y a longtemps pour ses enfants, qualifiant la poursuite de « fondée sur des liens familiaux ». Le frère d’Anna Kwok a également été arrêté pour le même chef d’accusation et est actuellement libéré sous caution.
La décision a été vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme. Elaine Pearson, directrice pour l’Asie chez Human Rights Watch, a qualifié la condamnation de « cruelle et vindicative », soulignant la volonté des autorités hongkongaises de réprimer pacifiquement l’activisme à l’étranger.
Cette affaire s’inscrit dans une tendance inquiétante à la prise pour cible des familles de dissidents, une tactique courante en Chine continentale mais relativement nouvelle à Hong Kong, une région semi-autonome qui devait maintenir une identité distincte pendant au moins 50 ans après sa rétrocession à la Chine en 1997.
L’imposition d’une loi globale sur la sécurité nationale en 2020 et l’adoption de l’article 23 en 2024 ont considérablement restreint les libertés civiles à Hong Kong, suscitant des inquiétudes quant à l’érosion de son autonomie. Les autorités affirment que ces mesures sont nécessaires pour combler les « lacunes » du régime de sécurité nationale de la ville.
La condamnation de Kwok Yin-sang intervient dans un contexte de répression accrue contre les voix dissidentes à Hong Kong. Récemment, Jimmy Lai, un critique éminent du Parti communiste chinois, a été condamné à 20 ans de prison pour des infractions à la sécurité nationale, une peine plus lourde que celle infligée à certains des dissidents les plus célèbres de Chine.
L’affaire Kwok Yin-sang souligne l’impact croissant des lois sur la sécurité nationale sur la vie des Hongkongais et les implications pour la liberté d’expression et d’association dans la région. La communauté internationale observe de près l’évolution de la situation à Hong Kong, craignant que la ville ne perde progressivement son identité unique et ses libertés fondamentales.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’un post Instagram d’une organisation de défense des droits de l’homme commentant la décision]
[Lien vers un rapport de l’ONU sur la situation des droits de l’homme à Hong Kong]
[Lien vers un article de fond sur l’article 23 et son impact sur Hong Kong]
