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Hollywood des années 70 : mythes et réalités révélés

Hollywood, entre révolte et compromis : deux nouveaux ouvrages décryptent les années de mutation du cinéma américain

LOS ANGELES – L’image est restée gravée dans les mémoires : Michelle Phillips, chanteuse des Mamas & the Papas, reconnaissant Harrison Ford dans une salle de cinéma en 1977. Loin du charpentier fauché qu’elle avait connu quelques mois auparavant, Ford incarnait alors le charismatique Han Solo dans le phénomène “Star Wars”, signé George Lucas. Un moment qui symbolisait, à bien des égards, une mutation profonde de l’industrie cinématographique américaine. Mais cette révolution, souvent idéalisée, était-elle aussi radicale qu’on le croit ? Deux nouveaux ouvrages, “The Last Kings of Hollywood” de Paul Fischer et “They Kill People” de Kirk Ellis, explorent les coulisses de cette période charnière, révélant un récit plus nuancé, entre ambition artistique et impératifs commerciaux.

L’illusion d’une nouvelle vague

Les années 60 et 70 sont souvent présentées comme l’âge d’or d’une nouvelle vague hollywoodienne, portée par des réalisateurs audacieux tels que Francis Ford Coppola (“Le Parrain”, “Apocalypse Now”) et, bien sûr, George Lucas. Ces cinéastes, brisant les codes établis, ont semblé secouer les studios et transformer le paysage cinématographique américain. Pourtant, selon Fischer, cette transformation fut moins spectaculaire qu’il n’y paraît. Son livre se concentre sur Lucas, Coppola et Steven Spielberg, décryptant les compromis et les hasards qui ont jalonné leur ascension.

“Coppola a réalisé ‘Le Parrain’ par nécessité financière, réticent à l’idée d’adapter un roman de gangsters”, explique Fischer. De même, le tournage de “Jaws” par Spielberg fut semé d’embûches, notamment avec un requin mécanique défaillant. “Star Wars” lui-même n’est né que de l’impossibilité pour Lucas d’acquérir les droits de “Flash Gordon”. Ces anecdotes révèlent une réalité moins héroïque, où le succès est souvent le fruit d’opportunités inattendues et de décisions pragmatiques.

“Bonnie and Clyde” : un symbole de rébellion… instrumentalisé ?

Kirk Ellis, dans “They Kill People”, élargit le champ d’analyse en se penchant sur “Bonnie and Clyde”, souvent considéré comme le film fondateur de cette Nouvelle Vague. Son livre explore les multiples facettes de ce film controversé, à la fois reflet des tensions sociales des années 60 et catalyseur d’une fascination pour la violence et les hors-la-loi.

“Bonnie and Clyde” fut initialement rejeté par la Warner Bros., qui le considérait trop risqué. Le film fut diffusé dans des drive-in du sud des États-Unis, dans l’espoir que le public local apprécierait les scènes de fusillades. Ironiquement, ce fut le cas. Le film devint un succès inattendu, mais Ellis souligne que cette violence fut rapidement récupérée et banalisée.

Il rappelle également que le film a contribué à renforcer une mythologie américaine où l’accès aux armes à feu est perçu comme un symbole de liberté, une idée qui contraste avec la vision des Pères Fondateurs, peu préoccupés par les droits liés aux armes dans les premiers textes constitutionnels. Une analyse corroborée par les données du Small Arms Survey, qui estime qu’il y a plus d’armes à feu en circulation aux États-Unis qu’il n’y a d’habitants.

Le retour en force des studios et la fin d’une illusion

L’ambition de Lucas de créer un cinéma indépendant, à l’abri des contraintes des studios, s’est heurtée à la réalité économique de l’industrie. Après le succès de “Star Wars”, il a créé Lucasfilm, mais a rapidement dû se résoudre à produire des suites commerciales pour financer ses projets plus personnels.

“Lucas voulait revenir à des films plus artistiques, comme ‘THX 1138’, mais il avait besoin de liquidités”, explique Fischer. Finalement, il a abandonné cette ambition, se concentrant sur des productions à grand spectacle.

L’histoire de Coppola est similaire. Après avoir connu la gloire avec “Le Parrain”, il a sombré dans des difficultés financières et a dû déclarer la faillite de son studio, American Zoetrope.

Dans les années 80, le patron de Paramount, Michael Eisner, résumait la nouvelle philosophie des studios : “Nous n’avons aucune obligation de faire de l’histoire, de l’art ou une déclaration. Notre seul objectif est de gagner de l’argent.” Un aveu cynique qui illustre le retour en force des impératifs commerciaux et la fin d’une époque.

Ces deux ouvrages, en déconstruisant le mythe de la Nouvelle Vague hollywoodienne, offrent une perspective précieuse sur les dynamiques complexes qui façonnent l’industrie cinématographique. Ils rappellent que même les révolutions les plus audacieuses sont souvent compromises par les réalités économiques et les contraintes du système. Une leçon qui résonne particulièrement aujourd’hui, à l’heure où le cinéma est confronté à de nouveaux défis, notamment avec l’essor des plateformes de streaming et la domination des super-productions.

[Image d’illustration : une capture d’écran de “Star Wars” ou “Bonnie and Clyde” pourrait être ajoutée ici, avec la mention de la source.]

[Lien vers une vidéo YouTube analysant l’impact de “Star Wars” sur la culture populaire : à insérer ici]

[Lien vers un article de blog ou un tweet pertinent sur le sujet : à insérer ici]

Athitakis est un écrivain basé à Phoenix et auteur de “The New Midwest”.

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