L’ONU salue le rôle de l’Union Africaine et appelle à une justice économique et climatique
Addis-Abeba, Éthiopie – Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué l’Union Africaine (UA) comme un “phare du multilatéralisme” lors de son discours au 39e sommet de l’UA à Addis-Abeba, le 14 février 2026. Il a souligné le partenariat renforcé entre l’ONU et l’UA, fondé sur le respect mutuel, le dialogue constant et une solidarité inébranlable.
Au-delà des louanges, Guterres a adressé un appel pressant à l’action sur trois fronts cruciaux pour le continent africain : la paix et la sécurité, l’action économique et la justice climatique. Son intervention intervient à un moment où le monde est marqué par les divisions et la méfiance, et où l’Afrique est confrontée à des défis majeurs, mais aussi à des opportunités considérables.
Des conflits à apaiser, des solutions africaines à soutenir
Le Secrétaire général a exprimé sa profonde préoccupation face aux conflits persistants sur le continent. Il a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat au Soudan, la reprise du dialogue au Soudan du Sud et le respect de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Il a insisté sur la nécessité de solutions politiques africaines, soutenues par un engagement international durable, pour stabiliser la région du Sahel, la Libye et la Corne de l’Afrique.
Un système financier mondial “totalement injuste”
Guterres n’a pas hésité à dénoncer les injustices économiques qui pèsent sur le développement africain. Il a mis en évidence un déficit de financement de 4 000 milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), tandis que l’Afrique perd plus en service de la dette et en flux financiers illicites qu’elle ne reçoit en aide. “Il est tout simplement inacceptable que l’Afrique doive faire face à un système économique et financier qui reste totalement injuste”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse suivant le sommet.
Il a appelé à tripler la capacité de prêt des banques multilatérales de développement et à garantir une participation réelle et significative des pays en développement aux institutions financières internationales. Un message fort, qui résonne avec les appels croissants à une réforme du système financier mondial.
L’exploitation des ressources africaines doit cesser
Le Secrétaire général a été particulièrement ferme sur la question de l’exploitation des ressources naturelles africaines. “Plus d’exploitation. Plus de pillage. Le peuple africain doit bénéficier des ressources de l’Afrique”, a-t-il déclaré avec force. Il a souligné la nécessité pour les pays africains de tirer pleinement parti de leurs minéraux critiques, grâce à des chaînes de valeur équitables et durables, et à une industrialisation accrue, conformément aux recommandations de l’ONU.
La justice climatique, un impératif pour l’Afrique
Sur le front climatique, Guterres a rappelé que l’Afrique n’est pas responsable de la crise climatique, mais qu’elle en subit les conséquences les plus graves : réchauffement plus rapide que la moyenne mondiale, sécheresses, inondations et vagues de chaleur mortelles. Il a dénoncé cette situation comme une “injustice climatique” flagrante.
Il a appelé les pays développés à tripler le financement de l’adaptation, à mobiliser 1 300 milliards de dollars par an pour les pays en développement d’ici 2035 et à renforcer le Fonds pour les pertes et dommages. Il a également souligné que le dépassement du seuil de 1,5 degré Celsius de réchauffement planétaire est inévitable, conformément aux avertissements scientifiques.
Une représentation africaine équitable au Conseil de sécurité
Enfin, Guterres a insisté sur la nécessité urgente de réformer les institutions mondiales, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU. Il a jugé “indéfendable” l’absence de sièges permanents pour l’Afrique au Conseil, soulignant qu’il est temps de reconnaître le rôle croissant du continent sur la scène internationale. “Dès que des décisions concernant l’Afrique et le monde sont sur la table, l’Afrique doit être à la table”, a-t-il conclu.
Ce discours marque un tournant dans la relation entre l’ONU et l’Union Africaine, et souligne l’importance cruciale de l’Afrique dans la construction d’un monde plus juste, plus durable et plus pacifique.
