Espagne : Le numéro deux de la police démissionne après des accusations d’agression sexuelle, déclenchant une crise politique
Madrid – Le numéro deux de la police nationale espagnole, José Ángel González, a démissionné mardi, suite à l’ouverture d’une enquête pour agression sexuelle. L’affaire a rapidement pris une dimension politique, le chef de l’opposition, Alberto Núñez Feijóo, accusant le gouvernement de protéger des individus impliqués dans des délits.
L’enquête a été ouverte suite à une plainte déposée par une agente de police, qui accuse González d’agression sexuelle. Un juge madrilène a admis la plainte, estimant que les faits décrits “présentent des caractéristiques laissant présumer la possible existence de délits d’agression sexuelle”. González doit comparaître devant le tribunal le 17 mars, date à laquelle l’agente sera également entendue.
La démission de González intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Espagne. Feijóo, leader du Parti Populaire (PP), a utilisé l’affaire pour critiquer le Premier ministre Pedro Sánchez, affirmant que son gouvernement protégeait des individus accusés de crimes. “Jusqu’à ce que l’affaire ait été rendue publique, ils le savaient, ils l’ont dissimulé et ils l’ont protégé”, a écrit Feijóo sur son compte X (anciennement Twitter). Il a également souligné que cette affaire survient après des accusations similaires contre le procureur général de l’État, ajoutant : “Qui nous protège ? Il faut libérer le pays de personnes comme celles-ci, et cela commence par destituer ceux qui les nomment : Pedro Sánchez.”
X Post d’Alberto Núñez Feijóo (intégrer le post réel)
Cette affaire soulève des questions sur la culture de l’impunité et la protection des agresseurs potentiels au sein des institutions espagnoles. Selon les données du Ministère de l’Intérieur, les plaintes pour agression sexuelle ont augmenté de 12% en Espagne au cours de l’année dernière, soulignant un problème croissant de violence sexuelle dans le pays. Bien que les chiffres précis varient, les organisations féministes estiment que seule une faible proportion des agressions sexuelles sont réellement signalées aux autorités, en raison de la peur de la stigmatisation et du manque de confiance dans le système judiciaire.
L’affaire González intervient également à un moment délicat pour la police espagnole, déjà confrontée à des défis en matière de confiance du public. La démission du numéro deux de la police pourrait affaiblir davantage cette confiance et susciter des appels à une réforme en profondeur des institutions policières et judiciaires.
Le gouvernement n’a pas encore commenté publiquement les accusations portées contre González, mais l’affaire est susceptible de dominer le débat politique dans les semaines à venir. L’opposition devrait utiliser cette affaire pour attaquer le gouvernement et exiger des comptes, tandis que le gouvernement devra faire face à la pression de l’opinion publique et des organisations féministes pour garantir que justice soit rendue.
