Acquis pour 10 millions d’euros en 2007 par Waldemar Kita, le FC Nantes fait l’objet d’un projet de reprise estimé à plus de 100 millions d’euros par le groupe Phenix Sports Invest mené par Paulo Tavares, face auquel le Comité social et économique a voté à l’unanimité un avis défavorable.
Le CSE vote contre le rachat du club par Paulo Tavares
Près d’une semaine après la signature d’un compromis de vente entre la famille Kita et les investisseurs européens emmenés par Paulo Tavares, le climat s’est tendu en interne. Les salariés ont reçu un courriel explicite à l’issue d’une réunion de plus de deux heures à la Jonelière avec la direction des ressources humaines.
Le groupe Phenix Sports Invest, qui réunit des acteurs français, portugais et luxembourgeois, tablait sur une offre pouvant atteindre 125 millions d’euros selon divers bonus, pour un club acquis pour 10 millions d’euros en 2007 par Waldemar Kita.
Réuni ce mardi 6 octobre 2026, l’organe représentatif s’est prononcé au terme d’une session extraordinaire. Dans un message adressé à l’ensemble du personnel, les délégués ont souligné que le club ne pouvait être cédé sans des garanties absolues quant à sa compétitivité, à sa continuité et au respect de son histoire.

exprimer ses plus vives inquiétudes quant au projet de rachat qui lui a été présenté et a émis des doutes sur la fiabilité et viabilité des repreneurs.
Le Comité social et économique, via RMC Sport
Les experts financiers jugent les projections risquées face aux pertes en Ligue 2
Les documents confidentiels transmis aux investisseurs affichent l’objectif d’une rentabilité annuelle de 9% et une valorisation à 350 millions d’euros d’ici trois ans, tandis que le club accuse déjà un déficit structurel d’environ 20 millions d’euros par an en Ligue 2.
Le montage financier envisagé par le clan Tavares repose sur des prêts bancaires ainsi que sur un crédit accordé directement par le président sortant.
Des experts financiers ont qualifié ces projections de risquées. Certains observateurs extérieurs estiment que cette tentative de reprise présente des similitudes avec les projets conduits par John Textor à l’Olympique Lyonnais ou par Gérard Lopez au LOSC et aux Girondins de Bordeaux. La provenance des fonds impliquant des établissements bancaires français, luxembourgeois et portugais fait l’objet d’attentions particulières de la part des analystes.

- Le montage prévoit un crédit-vendeur consenti par Waldemar Kita, qualifié par les acquéreurs d’étalement de paiement.
- Les repreneurs misent sur une rentabilité visée de 9% par an malgré les pertes actuelles.
- La stratégie de gouvernance a été critiquée pour son manque d’ancrage local par rapport aux compétences internes disponibles à Nantes.
Le gendarme financier examine le dossier de reprise
Selon plusieurs sources proches du dossier, le gendarme financier pourrait exiger des garanties immédiates oscillant entre 120 et 140 millions d’euros afin d’absorber les passifs et couvrir le train de vie du club sur les trois prochaines saisons.
Le dossier doit désormais franchir l’étape redoutée de la DNCG, l’autorité de contrôle du football français, bien que l’avis formulé par les représentants du personnel demeure purement consultatif en vertu du Code du travail.
L’instance financière dispose de nouveaux pouvoirs renforcés par la législation adoptée en août sur le sport professionnel.
Du côté de Phenix Sports Invest, l’entourage de Paulo Tavares assure que la structure du dossier est solide et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, alors que le club navigue en Ligue 2 avec un déficit structurel d’environ 20 millions d’euros par an.
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