Le conseiller national socialiste David Roth a demandé le 1er octobre 2026 au Conseil fédéral d’examiner la revente des avions de combat F-35 commandés aux États-Unis à d’autres pays partenaires, jugeant l’appareil trop coûteux et peu fiable pour les besoins de la Suisse.
L’acquisition des avions de combat américains continue de susciter de vives tensions au sein de la Confédération suisse. Selon un rapport de la Commission de gestion du National, le coût de l’acquisition n’a cessé d’augmenter et l’ancienne ministre de la Défense, Viola Amherd, n’a jamais lu le contrat d’achat dans son intégralité.
Dans une motion relayée par la presse, le conseiller national David Roth estime que le F-35 est un gouffre financier
et qu’il ne répond toujours pas aux besoins de sécurité de la Suisse. Les appareils seraient trop souvent immobilisés au sol, ce qui obligerait le pays à commander un nombre irréaliste d’exemplaires pour garantir une flotte opérationnelle suffisante.
Une proposition de transfert à des pays tiers comme l’Allemagne ou l’Italie
Pour sortir de cette impasse financière, le représentant socialiste demande au Conseil fédéral d’étudier un transfert à un tiers
, une procédure qui permettrait de céder les appareils à d’autres nations partenaires du programme F-35 avant même leur réception complète.

Parmi les repreneurs potentiels figurent des pays européens qui exploitent déjà ces chasseurs, tels que l’Italie, l’Allemagne ou les Pays-Bas. David Roth s’appuie sur le précédent du transfert de chasseurs F-16 européens vers l’Ukraine pour démontrer la faisabilité technique de telles opérations d’exportation d’avions militaires américains.
Grâce à la prolongation de la durée de vie de la flotte de F/A-18, la Suisse disposerait selon lui d’une marge de manœuvre suffisante pour envisager une nouvelle procédure d’acquisition en bonne et due forme si elle décidait de renoncer aux appareils américains.
Une levée de boucliers au Parlement et l’opposition des pilotes
Le conseiller national UDC Thomas Hurter, lui-même pilote, rejette catégoriquement l’idée d’une revente ou d’une annulation de la commande en cours.
Selon lui, se séparer de ces commandes placerait la Suisse tout au bout de la file d’attente internationale, privant le pays de tout nouvel avion pendant de longues années.
Thomas Hurter qualifie ce scénario de catastrophique pour la politique de sécurité helvétique. Il soutient que le F-35 reste techniquement le meilleur choix pour l’armée suisse et dénonce une manœuvre politicienne de la gauche visant, selon ses mots, à empêcher l’achat du moindre avion de combat.
Le Conseil fédéral face à une décision décisive
Le dossier est désormais entre les mains du Conseil fédéral, présidé par le ministre de la Défense Martin Pfister. L’exécutif doit répondre aux interrogations soulevées par la commission parlementaire et clarifier si un transfert de la flotte commandée est juridiquement et politiquement envisageable.
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