Les fonds obligataires gérés activement gagnent du terrain en 2026
par Antoine Dubois
NEW YORK (AP) – Alors que la volatilité des marchés boursiers persiste, les investisseurs se tournent de plus en plus vers les obligations pour stabiliser leurs portefeuilles. Mais un changement intéressant se produit dans le monde des fonds négociés en bourse (FNB) obligataires : les stratégies gérées activement gagnent du terrain face aux approches passives traditionnelles.
Longtemps considérés comme des investissements « acheter et conserver », les fonds obligataires attirent ceux qui recherchent des revenus stables et un risque limité. Les FNB obligataires, en particulier, simplifient l’accès à ce marché en éliminant la nécessité pour les investisseurs de sélectionner et de gérer individuellement les obligations. Cependant, les inefficacités du marché obligataire et la complexité des indices obligataires massifs offrent désormais des opportunités aux gestionnaires actifs de surperformer.
Selon une analyse de PIMCO, les fonds obligataires gérés activement ont surpassé leurs homologues passifs dans les deux tiers des périodes de 10 ans glissantes. Cette performance accrue est due à la capacité des gestionnaires actifs de réagir rapidement aux changements de taux d’intérêt et aux cycles de crédit, ainsi qu’à leur aptitude à identifier les opportunités de décote sur les nouvelles émissions d’obligations. Ils peuvent également éviter les entreprises les plus endettées, contrairement à certains indices obligataires passifs qui se concentrent souvent sur ces mêmes sociétés.
Deux FNB obligataires gérés activement se distinguent particulièrement en ce début d’année 2026 : le Invesco Multi-Sector Bond ETF (PYLD) et le PGIM Total Return Bond ETF (BINC).
Le PYLD, avec ses 2 200 titres, adopte une approche multisectorielle large, investissant dans des titres adossés à des créances hypothécaires, des prêts automobiles, des dettes de cartes de crédit, des obligations d’État américaines et des obligations de marchés émergents. Cette diversification permet de répartir les risques sur différentes classes d’actifs et maturités. En 2025, le PYLD a affiché un rendement total d’environ 9 %, tout en offrant un rendement de dividende attractif de 6,3 %. Son volume de transactions mensuel moyen de 3,5 millions d’unités assure une liquidité suffisante pour les investisseurs.
L’autre option à considérer est le BINC, géré par Rick Rieder, désigné « Gestionnaire de portefeuille exceptionnel » par Morningstar en 2023. Le BINC, également multisectoriel, investit dans des titres hypothécaires d’agences et non agences, des obligations de crédit non américaines, des obligations à haut rendement, des obligations de marchés émergents et des titres CLO. Sa flexibilité permet aux gestionnaires de réduire l’exposition aux secteurs à risque et de réallouer les investissements en conséquence.
Un avantage notable du BINC est son ratio de frais de 0,4 %, nettement inférieur à celui du PYLD (0,64 %). Cette accessibilité financière en fait l’un des fonds obligataires multisectoriels les plus abordables du marché. De plus, près d’un tiers du portefeuille du BINC est investi dans des obligations non américaines, offrant une diversification géographique supplémentaire. Le BINC affiche un rendement de dividende de 5,9 % et un rendement total de près de 6 % au cours de la dernière année.
Alors que les taux d’intérêt restent incertains et que les marchés boursiers continuent de fluctuer, les fonds obligataires gérés activement pourraient offrir aux investisseurs une solution intéressante pour générer des revenus et préserver leur capital. Ces deux FNB, PYLD et BINC, méritent une attention particulière pour ceux qui cherchent à renforcer leurs revenus obligataires.
