Ce traitement oral cible la protéine PCSK9 et pourrait transformer la prévention des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.
Les résultats d’un essai clinique de phase trois portant sur l’enlicitide, un traitement oral quotidien se liant à la protéine PCSK9 dans la circulation sanguine, marquent une avancée majeure en cardiologie.
Les origines historiques de la recherche sur le cholestérol au UT Southwestern
Le développement de ce médicament trouve ses racines dans des décennies de recherche menée au UT Southwestern Medical Center. Dans les années 1980, Michael Brown et Joseph Goldstein ont découvert le récepteur du LDL sur les cellules du hépatiques, une percée récompensée par le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1985 qui a permis la création des statines.
Par la suite, Helen Hobbs et Jonathan Cohen ont conduit le Dallas Heart Study, identifiant des mutations génétiques naturelles dans le gène de la PCSK9. Ces mutations entraînent une baisse naturelle du LDL cholestérol en augmentant le nombre de récepteurs capables de l’éliminer du sang. Cette découverte fondamentale a ouvert la voie à des thérapies injectables ciblant la même protéine, telles que les anticorps monoclonaux évolocumab et alirocumab, ainsi qu’aux traitements par ARN interférent.
L’impact potentiel de l’enlicitide sur la santé publique
L’étude de phase trois a été dirigée par Ann Marie Navar, cardiologue et professeure associée en médecine interne et en santé publique à l’école Peter O’Donnell Jr. de l’UT Southwestern, avec un parrainage du laboratoire pharmaceutique Merck & Co. Inc.
Ann Marie Navar, cardiologue et professeure associée au UT Southwestern Medical Center, a indiqué que moins de la moitié des patients atteints d’une maladie cardiovasculaire athéromateuse avérée atteignent actuellement les objectifs de cholestérol LDL.
Si la Food and Drug Administration accorde son approbation à ce médicament novateur, il pourrait aider des millions de personnes aux États-Unis et dans le monde à réduire considérablement leur risque d’accidents cardiovasculaires majeurs.
Perspectives en matière de thérapies innovantes et de génétique
Parallèlement aux progrès des inhibiteurs oraux de la PCSK9, d’autres approches thérapeutiques font l’objet d’évaluations cliniques rigoureuses pour répondre aux limites des traitements de longue durée.
Les participants à cet essai incluaient des personnes ayant développé des maladies cardiovasculaires à un âge précoce ou porteuses d’une pathologie héréditaire d’hypercholestérolémie. Riyaz Patel, co-auteur de cet essai, cardiologue au Barts Health NHS Trust et professeur à l’University College London, a souligné l’intérêt de ces pistes novatrices dans une déclaration diffusée par Lilly.

Riyaz Patel, cardiologue au Barts Health NHS Trust et professeur à l’University College London, a souligné que de nombreux patients présentant un taux élevé de LDL-C ont du mal à maintenir un contrôle durable malgré les efforts constants consentis avec les médicaments disponibles aujourd’hui, ce qui les expose à un risque important d’événements cardiovasculaires.
Malgré l’optimisme des chercheurs et du laboratoire, ces données proviennent d’évaluations cliniques préliminaires de petite envergure. D’autres essais approfondis, impliquant davantage de patients et un suivi prolongé, demeurent indispensables pour attester formellement de la sécurité et de l’efficacité à long terme de ces technologies de pointe.
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