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El Cajon : L’État Contre le Partage de Données ALPR

La Californie poursuit El Cajon pour partage de données de lecture de plaques d’immatriculation avec des agences fédérales

EL CAJON, Californie – Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a intenté une action en justice contre la ville d’El Cajon, l’accusant de violer la loi californienne sur la protection de la vie privée en partageant les données collectées par ses lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) avec des agences situées en dehors de l’État. La poursuite, déposée jeudi, met en lumière un conflit croissant entre les autorités locales et l’État concernant l’accès aux données personnelles et la collaboration avec les autorités fédérales en matière d’immigration.

Selon le bureau du procureur général, El Cajon a partagé les données de ses ALPR avec plus de 100 agences extérieures à la Californie, y compris des agences fédérales. Cette pratique est en violation directe du SB 34, une loi adoptée en 2015 qui vise à réglementer la collecte et le partage des données des ALPR afin de protéger la vie privée des individus.

“Les données des ALPR soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de confidentialité en raison de leur capacité à capturer et à suivre les déplacements de toute personne passant dans une zone donnée, créant ainsi une base de données contenant des millions d’images, y compris celles de personnes vulnérables, telles que les personnes sans papiers ou celles qui recherchent des soins en matière de santé reproductive”, indique le document déposé devant le tribunal en vue d’une audience prévue le 13 février.

Les chiffres révèlent l’ampleur de la collecte de données : le système d’El Cajon a enregistré plus de 682 000 véhicules au cours des 30 derniers jours seulement. Les défenseurs de la vie privée et les groupes d’immigration craignent que ces informations ne soient utilisées pour faciliter les efforts d’expulsion massifs du gouvernement fédéral.

Le maire d’El Cajon, Bill Wells, se défend en affirmant que le partage de données est un outil essentiel pour les forces de l’ordre. “De nombreuses fois, nous avons résolu des meurtres et sauvé des vies grâce à ces données. Nous ne cesserons pas de le faire à moins qu’un juge ne nous le dise”, a-t-il déclaré, qualifiant la démarche de l’État de “harcèlement” motivé par une “opposition à la politique anti-ICE”.

Wells a par le passé défendu une résolution controversée affirmant le soutien de la ville à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), malgré les restrictions imposées par la loi californienne.

La tension à El Cajon est palpable. Des manifestations ont lieu chaque semaine devant le centre commercial Parkway Plaza, où les participants expriment leur inquiétude face à une application accrue des lois sur l’immigration. “Ils ne s’en prennent pas aux criminels, ils arrêtent des jardiniers dans la rue”, déplore George Kennedy, un manifestant. “Ils les arrachent tout simplement à la communauté.”

D’autres manifestants expriment leur méfiance envers les autorités locales. “Ils sont tous favorables à Trump et veulent faire ce qu’il dit”, affirme Suzanne Hansen. “Je pense que ça ressemble beaucoup à Big Brother. C’est effrayant pour moi.”

Le bureau du procureur général a tenté à plusieurs reprises de résoudre le problème à l’amiable, envoyant des lettres d’avertissement à El Cajon en août 2024 et en août 2025, sans obtenir de réponse. Selon un porte-parole du ministère de la Justice de Californie, 19 des 20 villes contactées pour non-conformité au SB 34 ont coopéré pour se mettre en conformité. El Cajon est la seule à avoir refusé catégoriquement.

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre la sécurité publique, la protection de la vie privée et la coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration. Elle met également en évidence la complexité croissante des lois sur la protection des données et la nécessité pour les villes de se conformer aux réglementations de l’État.

[Intégration potentielle d’un tweet pertinent sur le sujet, par exemple, un tweet du procureur général Bonta ou d’un groupe de défense des droits civiques.]

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