DJI poursuit les États-Unis pour contester l’interdiction d’importation de ses drones
Washington – Le géant chinois des drones, DJI, a intenté une action en justice contre la Federal Communications Commission (FCC) américaine, mercredi, pour contester son inscription sur une liste noire qui restreint ses ventes sur le territoire américain. L’entreprise, leader mondial du marché des drones, dénonce une décision qui l’empêche de commercialiser, vendre et importer de nouveaux produits aux États-Unis.
La FCC avait annoncé en décembre dernier l’actualisation de sa « liste de couverture », qui recense les équipements et services de communication considérés comme présentant un risque inacceptable pour la sécurité nationale, en y incluant les systèmes de drones non habités fabriqués à l’étranger.
DJI affirme que la FCC n’a jamais identifié de menace spécifique liée à ses produits et qu’elle n’a pas eu l’occasion de réfuter les préoccupations américaines. L’entreprise a déposé sa plainte auprès du neuvième circuit américain, estimant que la décision de la FCC est injustifiée.
Cette action en justice intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine concernant la technologie et la sécurité nationale. Washington s’inquiète notamment de l’utilisation potentielle des drones DJI à des fins de surveillance, notamment en Ukraine et en Chine, où des accusations de surveillance des minorités ethniques ont été portées contre l’entreprise.
Le département américain du Commerce avait déjà envisagé l’année dernière de nouvelles réglementations pour encadrer les risques posés par les drones utilisant des technologies provenant de pays considérés comme des adversaires, tels que la Chine et la Russie. Pékin avait alors réagi avec indignation, accusant les États-Unis de « généraliser le concept de sécurité nationale ».
Ce n’est pas la première fois que DJI se retrouve en conflit avec les autorités américaines. En 2024, l’entreprise avait déjà intenté une action en justice contre le département de la Défense américain après avoir été inscrite sur une liste noire d’entreprises militaires chinoises. Cette inscription remontait à 2022.
L’issue de cette nouvelle bataille juridique pourrait avoir des conséquences importantes pour l’avenir de DJI aux États-Unis et pour l’ensemble du secteur des drones.
