Cuba plongée dans le noir : une crise énergétique s’aggrave sous la pression américaine
La Havane – Cuba est confrontée à une crise énergétique majeure, marquée par une panne d’électricité à l’échelle nationale lundi, la plus importante depuis le durcissement des sanctions américaines visant à isoler économiquement l’île. Le ministère cubain de l’énergie et des mines a annoncé une « déconnexion totale » du réseau électrique national, précisant que les causes sont en cours d’investigation.
Cette panne plonge les 11 millions de Cubains dans l’obscurité et exacerbe une situation déjà précaire. L’accès à l’électricité, déjà limité par des coupures quotidiennes, est devenu inexistant pour une grande partie de la population.
L’aggravation de la crise est directement liée, selon le gouvernement cubain, à un « blocus énergétique » imposé par les États-Unis. Ce blocus s’est intensifié après la capture par les forces spéciales américaines de Nicolás Maduro, le président vénézuélien qui fournissait régulièrement du pétrole à Cuba en échange de renseignements. Washington a également exercé des pressions sur le Mexique, dernier fournisseur régulier d’Havana, pour qu’il suspende ses exportations de pétrole.
L’île, fortement dépendante des importations d’énergie, voit ses réserves s’amenuiser. Les conséquences sont désastreuses : les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols faute de carburant, paralysant le secteur touristique vital pour l’économie cubaine. Les hôpitaux ont dû annuler des opérations et réduire leurs activités, tandis que la distribution de nourriture et la collecte des déchets sont gravement perturbées.
La situation humanitaire se détériore également. Plusieurs pays, sous la pression américaine, réduisent leurs contrats avec le personnel médical cubain, privant l’île d’une source de revenus essentielle en devises étrangères.
Le mécontentement populaire gronde. Des manifestations ont éclaté vendredi soir à Morón, où des manifestants ont incendié le siège local du Parti communiste, selon des responsables. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le bâtiment en flammes, accompagnées de cris de « Liberté ! ». Cinq personnes ont été arrêtées, selon les médias d’État.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a confirmé que son gouvernement est en pourparlers avec les États-Unis pour tenter de trouver une solution à la crise. Cependant, les négociations semblent difficiles, Cuba n’ayant pas reçu de livraison de pétrole depuis trois mois.
Le président américain Donald Trump a quant à lui déclaré vouloir régler la situation en Iran avant de se concentrer sur Cuba, évoquant même la possibilité d’une « prise de contrôle amicale » de l’île.
