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Cuba : Crise économique et tensions avec les États-Unis

Cuba face à une crise sans précédent, test pour les BRICS et Washington

La Havane, Cuba – Cuba traverse une crise économique et humanitaire d’une ampleur inédite depuis la chute de l’Union soviétique, exacerbée par une pression accrue des États-Unis et des pénuries d’énergie critiques. Le gouvernement communiste de Miguel Díaz-Canel est confronté à un défi majeur, tandis que la communauté internationale observe attentivement, notamment les pays membres du bloc BRICS.

L’escalade des tensions a débuté le 3 janvier avec une opération militaire américaine visant à arrêter le président vénézuélien Nicolás Maduro, allié de Cuba. Selon les autorités cubaines, 32 de ses citoyens ont été tués lors de cette intervention. En réponse, l’administration Trump a coupé Cuba de l’approvisionnement en pétrole vénézuélien, qualifié le gouvernement cubain de « menace inhabituelle et extraordinaire » et menacé d’imposer des tarifs douaniers à tout pays qui lui fournirait du pétrole.

« La reddition n’est pas une option », a déclaré fermement Díaz-Canel, tout en laissant la porte ouverte à des négociations avec Washington, « sans pression ni conditions préalables ». Cependant, la situation se détériore rapidement. Cuba a averti que les compagnies aériennes internationales ne pourraient plus s’approvisionner en carburant sur son territoire en raison des pénuries, et a mis en place des mesures de rationnement pour préserver les services essentiels.

Ces mesures comprennent des restrictions sur la vente de carburant, la fermeture de certains établissements touristiques, la réduction de la durée des journées scolaires et une semaine de travail raccourcie pour les entreprises publiques, passant de cinq à quatre jours.

« La situation actuelle à Cuba est aussi grave qu’elle l’était dans les années 1990, lorsque Cuba a soudainement dû survivre sans le soutien du bloc de l’Est », explique Par Kumaraswami, professeur d’études latino-américaines à l’Université de Nottingham au Royaume-Uni.

L’impact de la crise se fait déjà sentir. Air Canada a suspendu tous ses vols vers Cuba en raison du manque de carburant, bien qu’elle s’engage à rapatrier les 3 000 clients déjà sur place. Le tourisme, une source de revenus vitale pour Cuba, est durement touché.

Robert Munks, responsable de la recherche sur les Amériques chez Verisk Maplecroft, estime que les chances de voir Díaz-Canel être contraint de quitter le pouvoir dans les semaines ou les mois à venir, dans une transition gérée à la Maduro, sont de plus en plus élevées. Il souligne également que le régime pourrait tenter de « s’en sortir » jusqu’aux élections de mi-mandat américaines en novembre.

La situation est d’autant plus préoccupante que Cuba manque de partenaires étrangers capables de lui apporter une aide significative. Les États-Unis ont également limité l’accès de Cuba aux devises fortes et fait pression sur le Nicaragua pour qu’il mette fin aux voyages sans visa pour les Cubains.

L’ONU a exprimé sa vive inquiétude face à la situation humanitaire à Cuba, avertissant d’un possible « effondrement » si les besoins en pétrole du pays ne sont pas satisfaits. « Le Secrétaire général est extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s’aggraver, et s’effondrer si ses besoins en pétrole ne sont pas satisfaits », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Un test pour les BRICS

Cette crise représente un test crucial pour le bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), dont Cuba est devenu un « pays partenaire » en janvier 2023. Helen Yaffe, experte de Cuba et professeure d’économie politique latino-américaine à l’Université de Glasgow, souligne l’importance de ce soutien : « C’est probablement le test le plus important pour les BRICS… Si les BRICS ne peuvent pas protéger, défendre et rallier un membre, alors à quoi servent-ils ? »

La Chine a déclaré qu’elle « s’oppose fermement aux actions inhumaines qui privent le peuple cubain de son droit à la subsistance et au développement » et a promis de continuer à apporter son aide à Cuba. La Russie a qualifié la situation énergétique cubaine de « véritablement critique » et a dénoncé les pressions américaines.

Malgré les difficultés, le gouvernement cubain reste déterminé à résister. « Le gouvernement cubain ne se soumettra pas », affirme Yaffe. « Les États-Unis vont continuer à serrer la vis et les Cubains vont continuer à résister, et il y aura beaucoup de souffrances inutiles. » Elle rappelle également la résilience du peuple cubain face aux crises passées, notamment au début des années 1990.

Le compte X de Miguel Díaz-Canel (@DiazCanelB) est une source d’informations directe sur la situation et les réactions du gouvernement cubain.

Cette crise cubaine met en lumière les enjeux géopolitiques et humanitaires complexes de la région, et soulève des questions sur le rôle des États-Unis, des BRICS et de la communauté internationale dans la résolution de cette situation critique.

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