Haïti et Chine : Le Parlement Européen adopte des résolutions fermes
Bruxelles, Belgique – Le Parlement Européen a adopté ce jeudi deux résolutions importantes, pointant du doigt la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti, ainsi que les violations des droits de l’homme en Chine, notamment le cas de l’éditeur suédois Gui Minhai.
Concernant Haïti, les députés européens tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation continue de la situation. Ils dénoncent l’insuffisance criante de l’aide humanitaire des Nations Unies et les conséquences des coupes budgétaires de l’USAID, qui ont interrompu des services essentiels.Le Parlement appelle l’Union Européenne à soutenir pleinement la Force de répression des gangs (GSF) récemment approuvée, en lui fournissant les ressources et l’équipement nécessaires, et à renforcer l’assistance aux forces de sécurité haïtiennes.
Au-delà de l’aide immédiate, les résolutions insistent sur la nécessité de maintenir une pression constante sur les acteurs de la violence. L’UE et ses États membres sont appelés à imposer des sanctions ciblées contre les chefs de gangs et leurs soutiens, tout en renforçant le contrôle des frontières et l’application des embargos sur les armes.
Contexte : La crise haïtienne, un cycle de violence et d’instabilité
Haïti est confrontée depuis des années à une instabilité politique chronique, exacerbée par la pauvreté, les catastrophes naturelles et, plus récemment, la montée en puissance des gangs armés. Ces derniers contrôlent désormais des pans entiers du territoire, semant la terreur et entravant l’accès à l’aide humanitaire. La situation sécuritaire a atteint un point critique, avec une augmentation spectaculaire des enlèvements, des violences sexuelles et des meurtres. La mission de la GSF, approuvée par l’ONU, vise à rétablir l’ordre et à soutenir la police nationale haïtienne, mais son efficacité dépendra d’un soutien international conséquent et durable.
En Chine, le Parlement Européen réclame la libération immédiate et inconditionnelle de l’éditeur suédois d’origine chinoise, Gui Minhai, à l’approche du 10e anniversaire de son enlèvement et de sa détention. Les députés considèrent son cas comme symptomatique d’une politique de répression des libertés fondamentales menée par les autorités chinoises à l’encontre des défenseurs des droits humains, des journalistes, des artistes et des minorités.
Droits de l’homme et relations UE-chine : Un équilibre délicat
Le Parlement souligne que le respect des droits humains,de la liberté d’expression et de la liberté de la presse doit être une priorité absolue dans les relations entre l’Union Européenne et la Chine. Il exhorte le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), la Commission et les États membres à soulever systématiquement le cas de Gui minhai lors de leurs échanges avec Pékin, et à garantir la protection des citoyens européens à l’étranger.
Les deux résolutions ont été adoptées avec une large majorité : 550 voix pour, 3 contre et 54 abstentions pour Haïti, et 546 voix pour, 3 contre et 44 abstentions pour la Chine.Le texte intégral des résolutions sera disponible le 9 octobre 2025.
