Le ministère de l’Intérieur a menacé le 10 septembre 2026 le canal CNews de poursuites judiciaires si la chaîne rediffusait son ancienne animatrice Ksenia Fedorova, malgré le projet d’une intervention par visioconférence.
L’étau se resserre autour de la présence médiatique de Ksenia Fedorova en France. Le 10 septembre 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a adressé un courrier officiel au régulateur de l’audiovisuel, Arcom, pour signifier que toute tentative de faire intervenir l’ancienne responsable de RT France à l’antenne s’apparenterait à une fausse manœuvre ou plus précisément à un contournement des décisions de l’État. Cette mise en garde intervient alors que le groupe de médias lié au milliardaire Vincent Bolloré envisageait de la faire participer aux émissions d’actualité internationale par écran interposé.
Les sanctions brandies par le ministère de l’Intérieur contre CNews
La menace brandie par la Place Beauvau ne se limite pas à de simples remontrances administratives. Le gouvernement français brandit la menace d’un dossier judiciaire si la chaîne optait pour un retour à l’antenne via la visioconférence. Pour le ministère, faire réapparaître l’éditorialiste dans les foyers français, même à distance, contredit l’esprit et la lettre de la mesure d’éloignement prise à son encontre au cœur de l’été.
“L’application complète de la mesure — a écrit le ministre — suppose que la personne expulsée soit privée de toute possibilité de répéter, sur le territoire national, les actes qui ont motivé la décision.”
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, via Euronews
Dans ce document relayé par les rédactions, le ministre appuie sur le fait que la présence continue de l’intéressée dans le débat public national constitue une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public. Les autorités françaises l’accusent d’avoir agi comme un relais des stratégies d’influence menées par Moscou.
De la fermeture de RT France aux tribunes de Vincent Bolloré
Le parcours de Ksenia Fedorova en France a basculé après l’interdiction de la chaîne qu’elle dirigeait. Lorsque RT France a cessé ses diffusions en janvier 2023 à la suite de sanctions européennes, la journaliste était restée sur le territoire hexagonal. Elle a par la suite intégré la galaxie médiatique de Vincent Bolloré, obtenant des tribunes régulières sur CNews, Europe 1 et dans les colonnes du Journal du Dimanche.
Dès l’année 2017, le président Emmanuel Macron l’avait qualifiée d’instrument d’influence du Kremlin, une position réaffirmée en juin dernier par l’exécutif. Face aux décisions d’expulsion, la direction de ces médias a vigoureusement protesté, qualifiant la mesure d’atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression.
Le rejet des recours judiciaires et le gel des avoirs financiers
Sur le plan juridique, les tentatives de défense de la journaliste n’ont pas prospéré. Un tribunal parisien a rejeté son recours contre l’arrêté d’expulsion prononcé fin juillet 2026, estimant qu’elle n’avait pas démontré que son départ entraînerait des conséquences personnelles d’une gravité exceptionnelle. La justice a validé l’argumentaire selon lequel son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État.

Parallèlement à son renvoi du territoire, les ministères de l’Intérieur et de l’Économie ont ordonné le gel de ses avoirs pour une durée de six mois. Cette mesure financière englobe l’ensemble de ses liquidités, ses ressources économiques ainsi que les avoirs des structures qu’elle contrôle, interdisant formellement tout versement direct ou indirect à son profit.
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