Noam Chomsky et Jeffrey Epstein : une relation sous le feu des critiques, révélations et regrets
New York – Le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky, 97 ans, et son épouse Valeria, ont admis avoir commis une « grave erreur » en ne vérifiant pas plus attentivement le passé de Jeffrey Epstein, le financier décédé accusé de trafic sexuel de mineures. La révélation intervient après la publication de nouveaux documents judiciaires qui mettent en lumière une relation amicale de plusieurs années entre Chomsky et Epstein, suscitant une vague de critiques et d’interrogations.
Valeria Chomsky a publié samedi une déclaration détaillée, expliquant que le couple n’était pas conscient de l’étendue des crimes d’Epstein avant son arrestation en 2019. “Nous avons été négligents en ne faisant pas de recherches approfondies sur ses antécédents. C’était une grave erreur, et je m’en excuse au nom de nous deux”, a-t-elle déclaré. Noam Chomsky, qui a subi un accident vasculaire cérébral en 2023, aurait exprimé les mêmes regrets avant son incapacité.
La relation entre Chomsky et Epstein a débuté en 2015, Epstein se présentant comme un philanthrope intéressé par la science. Le couple a participé à des dîners chez Epstein, à New York et Paris, a séjourné dans ses appartements et a même visité son ranch au Nouveau-Mexique. Ils n’ont cependant jamais mis les pieds sur l’île privée d’Epstein, ni eu connaissance des abus qui s’y déroulaient, selon Valeria Chomsky.
Les documents du ministère de la Justice américain révèlent qu’Epstein a sollicité les conseils de Chomsky en 2019, alors qu’il était confronté à des accusations de trafic sexuel. Dans un message signé “Noam”, Chomsky lui a conseillé d’ignorer la couverture médiatique négative, estimant qu’une réponse publique ne ferait qu’alimenter les attaques. “Ce que les vautours veulent, c’est une réponse publique, ce qui fournirait une ouverture pour une avalanche d’attaques venimeuses”, a-t-il écrit. Il a également exprimé son inquiétude face à une “hystérie” concernant les abus sexuels, suggérant que même remettre en question une accusation pouvait être considéré comme un crime.
Ces conseils ont été critiqués par certains comme une tentative de minimiser la gravité des accusations portées contre Epstein. Valeria Chomsky a cependant souligné que Chomsky avait agi de bonne foi, en se basant sur les informations que lui avait fournies Epstein, qui présentait un récit manipulé de sa situation. “Epstein a exploité la critique publique de Noam à l’égard de ce qui est devenu connu sous le nom de ‘culture de l’annulation’ pour se présenter comme une victime”, a-t-elle expliqué.
L’affaire Chomsky-Epstein s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des relations de personnalités influentes avec le financier déchu. Plusieurs figures publiques ont été épinglées pour avoir entretenu des liens avec Epstein, même après sa condamnation en 2008 pour sollicitation de prostitution.
Au-delà des rencontres et des échanges épistolaires, des transactions financières ont également eu lieu entre Chomsky et Epstein. Epstein a versé 20 000 dollars à Chomsky dans le cadre d’un défi linguistique, et l’a aidé à récupérer 270 000 dollars suite à des “incohérences” dans ses ressources de retraite. Valeria Chomsky a affirmé que ces aides financières étaient probablement une stratégie d’Epstein pour gagner la confiance de son mari et obtenir un accès privilégié.
L’affaire soulève des questions sur la responsabilité des personnalités publiques dans le choix de leurs fréquentations et sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux individus aux antécédents douteux. Elle rappelle également l’importance de la transparence et de la vérification des faits, même lorsqu’il s’agit de relations apparemment innocentes.
Le ministère de la Justice américain continue d’enquêter sur les liens d’Epstein avec diverses personnalités, et de nouveaux documents pourraient être rendus publics dans les mois à venir. L’affaire promet donc de continuer à faire des vagues, et de susciter de vives réactions dans l’opinion publique.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’un reportage sur l’affaire Epstein, ou d’un post Instagram d’un commentateur politique analysant la situation.]
