Reprise des campagnes de vaccination contre le choléra après des années de pénurie mondiale
Genève/New York – Après plus de trois ans d’interruption, les campagnes de vaccination préventive contre le choléra reprennent à l’échelle mondiale, avec un premier déploiement au Mozambique. D’autres campagnes sont prévues au Bangladesh et en République démocratique du Congo, a annoncé aujourd’hui Gavi, l’Alliance du vaccin, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette reprise est rendue possible par une augmentation significative de l’offre mondiale de vaccins contre le choléra.
L’offre mondiale de vaccins a doublé, passant de 35 millions de doses en 2022 à près de 70 millions de doses prévues pour 2025. Cette augmentation intervient après une période de pénurie aiguë, causée par une flambée mondiale des cas de choléra qui a mis à rude épreuve les stocks de vaccins oraux contre le choléra (VCO).
Le Mozambique est le premier pays à bénéficier de cette reprise, lançant sa campagne de vaccination dans un contexte d’épidémie de choléra en cours et de conséquences désastreuses des récentes inondations qui ont affecté plus de 700 000 personnes. Ces inondations ont perturbé les systèmes de santé et endommagé les infrastructures hydrauliques, augmentant ainsi le risque de maladies d’origine hydrique comme le choléra.
“Les pénuries de vaccins nous ont forcés à réagir aux épidémies de choléra au lieu de les prévenir. Nous sommes maintenant en position de force pour briser ce cycle”, a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. Il a également souligné l’importance de l’engagement continu des fabricants, notamment EUBiologics, actuellement le seul producteur de vaccins contre le choléra à l’échelle nécessaire pour les campagnes de vaccination de masse, et a appelé à l’entrée de nouveaux acteurs dans ce domaine vital.
Une première allocation de 20 millions de doses est en cours de déploiement. Le Mozambique a reçu 3,6 millions de doses, la République démocratique du Congo, également confrontée à des épidémies importantes, en a reçu 6,1 millions, et 10,3 millions de doses sont prévues pour le Bangladesh.
Le choléra, une infection diarrhéique aiguë causée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés, représente une menace majeure pour la santé publique dans les régions où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est limité, en particulier dans les zones touchées par les conflits et la pauvreté. En 2023, plus de 600 000 cas de choléra et près de 7 600 décès ont été signalés à l’OMS dans 33 pays, bien que ces chiffres soient probablement sous-estimés.
“La reprise de la vaccination préventive contre le choléra permettra de mieux protéger les communautés et de gagner un temps précieux”, a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF. “Cependant, elle doit aller de pair avec d’autres efforts, notamment un meilleur accès à l’eau potable et à des installations sanitaires de base.”
La sélection des trois pays bénéficiaires a été effectuée sur la base de critères définis par le Groupe de travail mondial pour le contrôle du choléra (GTFCC), un partenariat réunissant plus de 50 organisations, afin de garantir une distribution équitable et transparente des vaccins pour les campagnes préventives.
“Cet accomplissement témoigne de la puissance de la collaboration entre divers partenaires pour renforcer la réponse au choléra”, a déclaré le Dr Ilesh Jani, président du comité directeur du GTFCC. “La vaccination préventive contribue à protéger les communautés et à gagner un temps précieux. Toutefois, des progrès durables dépendront d’investissements à long terme dans les infrastructures, ce qui nécessite un engagement politique indéfectible.”
Le vaccin contre le choléra est sûr et efficace pour les personnes âgées de plus d’un an. Une seule dose offre une protection à court terme d’au moins six mois et peut aider à maîtriser les épidémies, tandis que deux doses offrent une protection contre l’infection pendant une période plus longue, soit trois ans. Bien que l’offre mondiale de vaccins s’améliore, la stratégie d’une seule dose restera la norme pour les interventions en cas d’épidémie, l’utilisation de deux doses étant envisagée au cas par cas.
Au-delà de la vaccination, des investissements à long terme dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi que dans la surveillance des maladies, le traitement rapide et l’engagement communautaire, sont essentiels pour prévenir les épidémies et réduire la mortalité.
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