Chloé Robichaud et « Two Women » : Une exploration audacieuse du désir féminin à Sundance 2025
PAR LA RÉDACTION DIVERTISSEMENT
Sundance, Utah — Dans l’arène compétitive du cinéma indépendant, le Festival du film de Sundance demeure le baromètre ultime de l’innovation narrative. Cette année, l’édition 2025 met en lumière une œuvre qui résonne avec une urgence contemporaine : Two Women, réalisé par la cinéaste Chloé Robichaud. Sélectionné en compétition officielle dans la catégorie « World Cinema Dramatic », le film s’impose déjà comme une étude fine et sans concession de la condition féminine moderne.
Entre nostalgie et émancipation : L’héritage de « Deux femmes en or »
Le projet de Robichaud ne naît pas du vide. Two Women est l’adaptation d’une pièce de Catherine Léger, elle-même inspirée du film culte québécois Deux femmes en or (1970). En revisitant ce récit, Robichaud et Léger opèrent un saut temporel pour interroger l’évolution de l’autonomie sexuelle des femmes.
Alors que le film original de 1970 traitait de l’ennui des ménagères, la version de 2025 suit Violetter et Florence, deux voisines dont les carrières et les familles ne suffisent plus à combler un sentiment d’échec intérieur. À travers des escapades imprévues et de petits actes de rébellion, elles explorent un chemin vers la libération.
« Nous vivons dans une ère où les dynamiques de couple et les relations hommes-femmes sont constamment redéfinies », analyse Chloé Robichaud. Pour la réalisatrice, l’enjeu est de confronter les idéaux de l’époque avec les valeurs actuelles, notamment sur la question complexe de la monogamie.
Un choix technique radical : Le retour au 35mm
À l’heure du tout-numérique, Robichaud a fait le pari risqué et coûteux du 35mm. Ce choix esthétique vise à insuffler une qualité cinématographique et une texture nostalgique à un scénario essentiellement porté par le dialogue.
Ce souci du détail s’étend à la représentation des corps. En collaboration étroite avec ses actrices principales, Laurence Leboeuf et Karine Gonthier-Hyndman, la cinéaste a cherché à déconstruire le regard traditionnel sur le désir féminin, privilégiant une approche sincère et vulnérable.
[INSERT: Intégration d’un post Instagram de @SundanceOrg présentant les images de la première de « Two Women »]
Le miroir de la maternité : Un récit personnel
Loin d’être un simple exercice de style, Two Women est profondément ancré dans le vécu de sa créatrice. Mère de jumeaux de trois ans, Chloé Robichaud décrit l’arrivée des enfants comme un « effet tsunami » sur la vie d’un couple.
« Je suis, en fait, le public cible de mon propre film », confie-t-elle. En explorant les thèmes de la santé mentale, du mariage et de la parentalité, elle propose un portrait où l’humour sert de soupape à la pression sociale exercée sur les jeunes parents.
L’anecdote du destin : De Toronto à Sundance
L’entrée du film dans la prestigieuse sélection de Sundance s’est accompagnée d’une touche de mysticisme. Robichaud a appris la nouvelle alors qu’elle se trouvait seule à l’aéroport de Toronto, juste avant son vol pour Montréal.

Le premier appel a été passé à sa partenaire, Katherine, avec un constat frappant : un lecteur de tarot, consulté quelques semaines plus tôt, avait prédit avec exactitude la présence du film au festival.
Pourquoi ce film importe aujourd’hui
L’importance de Two Women réside dans sa capacité à transformer des dilemmes intimes en un sujet d’intérêt public. En questionnant la rigidité des rôles sociaux et la réalité de la charge mentale, le film s’inscrit dans un mouvement global de redéfinition des identités féminines.
Pour Robichaud, qui cite Past Lives de Celine Song comme un modèle de perfection, le cinéma doit être un espace de vérité et de spontanéité. Avec Two Women, elle livre une œuvre qui, tout en étant divertissante, force le spectateur à s’interroger sur sa propre quête de liberté.
Fiche Technique :
- Titre : Two Women
- Réalisation : Chloé Robichaud
- Distribution : Laurence Leboeuf, Karine Gonthier-Hyndman
- Sélection : Sundance Film Festival 2025 (World Cinema Dramatic Competition)
- Source : Sundance.org / Jessica Herndon
