La police de la province de Gia Lai a démantelé un important réseau de jeux d’argent illégaux le 13 juin 2026, arrêtant 31 personnes lors d’une opération coordonnée dans la commune d’Ia Ko. Les autorités ont utilisé des drones pour surveiller cette activité clandestine, dissimulée au cœur d’une zone agricole isolée, avant de procéder à une saisie massive de preuves.
Une opération de surveillance par drone au cœur des plantations
Le démantèlement de ce tripot illégal est le résultat d’une surveillance minutieuse menée par la police provinciale de Gia Lai depuis le début du mois de juin 2026. Selon les informations rapportées par VNExpress, les forces de l’ordre ont eu recours à des drones (flycams) pour cartographier le terrain et observer les allées et venues dans une maison située au milieu de plantations isolées, dans le village de Tong Kek.
Cette technologie a permis aux enquêteurs de surmonter les difficultés liées à la localisation géographique du site, souvent désert et difficile d’accès. La police a noté que les organisateurs changeaient fréquemment leurs horaires d’activité, principalement pendant les week-ends, pour éviter d’être repérés, comme l’a précisé Báo Người Lao Động. L’isolement géographique des plantations de café et de poivre dans cette région des Hauts-Plateaux du Centre est traditionnellement utilisé par les réseaux criminels pour établir des périmètres de sécurité naturels, permettant aux guetteurs de repérer l’approche des forces de l’ordre bien avant leur arrivée.
Le modus operandi des organisateurs
L’enquête initiale a identifié deux hommes comme étant les principaux instigateurs de ce réseau : Nguyễn Văn Sanh, âgé de 49 ans, et Nguyễn Hoài Vũ, âgé de 46 ans. Leurs rôles étaient strictement répartis pour maximiser les profits, selon les détails publiés par Tuổi Trẻ :
- Nguyễn Văn Sanh était responsable de la logistique : il mettait à disposition son domicile, préparait les repas et les boissons pour les parieurs.
- Nguyễn Hoài Vũ était chargé du recrutement : il recherchait et attirait activement les participants vers le lieu de pari.
Le système financier reposait sur une taxe d’entrée de 150 000 dôngs par personne. Pour chaque combat de coqs, les organisateurs prélevaient 300 000 dôngs au vainqueur et 200 000 dôngs au perdant, des revenus qu’ils se partageaient ensuite entre eux. Cette structure tarifaire, bien que modeste par transaction, permettait de générer un flux de trésorerie constant lors des journées de forte affluence, les combats s’enchaînant rapidement tout au long de la journée.
Saisies matérielles et profil des participants
Lors de l’intervention lancée vers 11 heures le 13 juin, les autorités ont arrêté 31 personnes âgées de 19 à 69 ans. La diversité des profils témoigne de l’ampleur du réseau qui attirait des joueurs de diverses localités de la province. Comme le souligne Báo VietNamNet, l’inventaire des objets saisis sur place est significatif :
| Élément saisi | Quantité / Montant |
|---|---|
| Argent liquide | 58 millions de dôngs |
| Coqs de combat | 12 |
| Téléphones portables | 31 |
| Véhicules (autos et motos) | 30 |
| Valeur des transactions sur les feuilles de pari | 149 millions de dôngs |
Contexte légal et enjeux de sécurité publique
La législation vietnamienne classe les combats de coqs organisés à des fins de pari comme une forme de jeu d’argent illégal. Dans le cadre de la lutte contre la criminalité, le code pénal prévoit des sanctions graduées selon la gravité des faits et le montant des sommes en jeu. Les organisateurs, tels que MM. Sanh et Vũ, font généralement face à des poursuites plus lourdes que les simples parieurs en raison de leur rôle dans la facilitation et la gestion de ces activités prohibées.
Ces réseaux, bien que souvent perçus comme des activités locales, sont surveillés de près par le ministère de la Sécurité publique. La crainte des autorités est que de tels rassemblements ne servent de catalyseurs à d’autres activités criminelles, notamment l’usure (prêts à taux usuraires pour éponger les dettes de jeu) et les troubles à l’ordre public local. La saisie de 30 véhicules montre l’importance logistique du site, qui attirait une clientèle motorisée venue de plusieurs districts environnants.
Conséquences judiciaires et suites de l’enquête
À l’heure actuelle, le département de la police criminelle de la province de Gia Lai continue de renforcer le dossier d’enquête. Les personnes interpellées sont retenues pour des faits de jeu d’argent et d’organisation de jeux d’argent. Les autorités cherchent désormais à identifier d’autres complices potentiels afin de démanteler entièrement la chaîne de commandement de ce réseau. L’analyse des 31 téléphones portables saisis sur les lieux est une étape cruciale pour les enquêteurs, qui espèrent y trouver des preuves de communications liées à l’organisation des combats et à la gestion des transactions financières.
Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large de répression des jeux illicites dans la région des Hauts Plateaux du Centre, où les autorités intensifient leurs efforts pour prévenir les troubles à l’ordre public liés à ces activités clandestines. La réussite de cette intervention, grâce à l’usage de drones, marque une évolution dans la méthode de travail des forces de police locales pour contrer la mobilité et la discrétion des organisateurs de jeux clandestins.
