Plus de 3 000 personnes ont manifesté dans le quartier gouvernemental de Berlin lors d’un rassemblement propalestinien et anti-israélien, marquant une mobilisation sous haute surveillance policière qui coïncide avec des négociations de coalition politique délicates dans la capitale allemande.
Le rassemblement au cœur du quartier gouvernemental
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans l’après-midi face à la chancellerie fédérale, brandissant de nombreux drapeaux palestiniens. La police a évalué à environ 3 500 le nombre de participants à cet événement inscrit sous le titre United4Palestine – No Peace on Stolen Land, qui signifie « Vereint für Palästina – Kein Frieden auf gestohlenem Land » en allemand. Initialement prévue pour se diriger vers la Potsdamer Platz, la manifestation a emprunté un itinéraire modifié pour mener la foule jusqu’à l’Alexanderplatz, selon les précisions rapportées par n-tv.
Le cortège a déployé des banderoles affichant des messages politiques tranchés. Un grand panneau affichait la mention Staatsräson Völkermord
, tandis qu’un autre portait l’inscription Schluss mit Besatzungsterror
. Tout au long du parcours, les participants ont scandé des slogans audibles dans tout le secteur, notamment Free Palestine, free Palestine
, Fuck you Israel
, Kindermörder Israel
ainsi que Intifada Revolution
. La source rappelle par ailleurs que l’Intifada désigne des soulèvements de Palestiniens contre Israël menés à la fin des années 1980 et au début des années 2000, lesquels avaient été marqués par de nombreux attentats-suicides et un lourd bilan humain de part et d’autre.
En parallèle, un petit groupe de contre-manifestants porteurs de drapeaux israéliens s’est posté sur le trajet pour exiger Free Berlin from Hamas!
. La police de Berlin a mobilisé un dispositif important comprenant environ 1 400 fonctionnaires, incluant des unités venues d’autres Länder ainsi que de la police fédérale.
L’implication de la classe politique locale et les tractations à Berlin
La tenue de ce rassemblement s’inscrit dans un contexte politique local extrêmement tendu, marqué par les discussions exploratoires en cours entre les Verts, le SPD et Die Linke. La participation de la femme politique Vanessa Emde, membre de Die Linke dont les prises de position font l’objet de vives critiques, a suscité de fortes polémiques au sein de la classe politique. Des représentants des partis Grünen et SPD avaient exigé l’exclusion d’élus jugés trop proches de ces doctrines contestées.
Ces prises de position ont alimenté les critiques d’adversaires politiques reprochant à l’élue de ne pas reconnaître clairement le droit d’existence d’Israël. La question est devenue un point central des pourparlers de coalition, des représentants des Verts et du SPD ayant exigé l’exclusion des députés affichant des opinions jugées hostiles à l’État hébreu. La décision finale concernant l’application de cette mesure revient à chaque groupe parlementaire concerné.
Das Existenzrecht Israels ist unverhandelbar.

Lors de la présentation de cet accord, la présidente régionale de Die Linke, Kerstin Wolter, a déclaré que l’antisémitisme n’avait pas sa place dans la capitale et que ce principe d’accord constituait une condition préalable indispensable à l’ouverture des discussions exploratoires.
Les antécédents des mobilisations et les vérifications sur les réseaux sociaux
Les autorités et les observateurs ont rappelé la dimension récurrente de ces tensions dans la capitale allemande. Cet assaut a provoqué le déclenchement de la guerre à Gaza, un conflit au cours duquel plus de 74 000 Palestiniens ont perdu la vie, selon les chiffres communiqués par l’autorité sanitaire de la bande de Gaza placée sous le contrôle du Hamas, tandis que la contre-offensive de l’armée israélienne lancée quelques jours plus tard a fait des dizaines de milliers de morts.

Parallèlement, la circulation d’informations en ligne a nécessité des vérifications de la part des services de contrôle. Des analyses de vérification menées par dpa-factchecking ont établi qu’il s’agissait d’archives datant du 7 octobre 2024, illustrant la sensibilité de la période commémorative et la persistance de fausses informations sur les réseaux sociaux. Ce contenu avait initialement été diffusé par un compte Instagram à forte audience spécialisé dans la documentation des rassemblements propalestiniens, avant d’être repris à grande échelle pour illustrer la situation actuelle.
Par ailleurs, d’autres actualités locales ont rythmé la journée du 10 octobre 2026 à Berlin, parmi lesquelles la remise du prix Virchow dans l’Hôtel de Ville (Rotes Rathaus) à deux scientifiques de renom pour leurs décennies d’engagement dans la lutte contre le virus Ebola.
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