Ben Affleck a utilisé l’IA pour la postproduction de son film Animals

Ben Affleck a confirmé avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour la postproduction de son thriller Animals, attendu sur Netflix le 9 octobre 2026. Le réalisateur et acteur défend un usage purement technique de l’outil, tout en écartant l’idée de remplacer les artistes humains.

Le cinéma et l’intelligence artificielle entretiennent une relation complexe, souvent marquée par la méfiance et les débats sur le droit d’auteur. C’est dans ce climat tendu que Ben Affleck a fait le choix de la transparence, tout en posant des limites strictes sur l’utilisation de cette technologie.

Le tournage d’Animals et le mystère de la postproduction

Dans ce thriller politique et familial, Mark Kimball, un candidat à la mairie de Los Angeles interprété par Ben Affleck, et son épouse, voient leur vie basculer lors de l’enlèvement de leur fils. Si le film se veut profondément humain, son réalisateur admet avoir intégré l’intelligence artificielle pour un ensemble de tâches techniques.

Ben Affleck a utilisé l'IA pour la postproduction de son film Animals
Photo : Le HuffPost

L’ancien interprète d’Argo se refuse toutefois à révéler précisément où la technologie intervient à l’écran. Il compare sa démarche à celle d’un prestidigitateur protégeant son secret.

J’ai utilisé l’IA pour un tas de choses dans ce film. J’hésite un peu à en parler, car dans mon métier, nous cherchons à créer l’illusion de la réalité, n’est-ce pas ? C’est un peu comme si vous alliez voir un spectacle de magie et que le magicien arrivait sur scène en disant : ‘Avant de commencer, je tiens à vous dire qu’il y a un autre lapin caché ici. Et ce type-là est un complice.’

Ben Affleck, réalisateur et acteur, via Bloomberg et Le HuffPost

InterPositive et le rachat par Netflix

En 2022, Ben Affleck a cofondé la start-up InterPositive, spécialisée dans le développement d’outils d’IA pour assister les cinéastes en postproduction, notamment pour la correction de l’éclairage ou le remplacement d’arrière-plans. En mars, Netflix a racheté la jeune entreprise pour un montant de 587 millions de dollars en espèces, intégrant l’équipe et nommant l’acteur au poste de conseiller senior.

Ben Affleck on AI and Hollywood Economics

Face aux critiques et aux inquiétudes de l’industrie du divertissement, le réalisateur rejette l’idée d’un remplacement massif de la main-d’œuvre. Ses règles d’utilisation excluent formellement l’entraînement à partir d’œuvres protégées sans accord et la création de faux interprètes.

outil discret. Il ne s’agit en aucun cas de créer de faux personnages ni de remplacer qui que ce soit, jamais. C’est simplement un autre outil de montage intéressant, et si vous le remarquez ou si vous devinez de quoi il s’agit, eh bien, vous avez tout gâché. Comme un mauvais effet visuel ou une mauvaise interprétation.

Ben Affleck, réalisateur, via DHnet

Les garanties syndicales face aux modèles génératifs

Le débat sur la place de la technologie à Hollywood demeure vif. Les accords récents négociés par la SAG-AFTRA garantissent des protections renforcées contre l’utilisation non consentie de répliques numériques, tandis que le syndicat des scénaristes impose des garde-fous stricts sur l’entraînement des modèles.

Ben Affleck a utilisé l'IA pour la postproduction de son film Animals
Photo : Benzinga France

Ben Affleck insiste sur le fait que sa démarche repose exclusivement sur des jeux de données contrôlés. Pour lui, la technologie ne se substitue pas à la vision artistique.

Je ne pense pas que ça arrivera un jour d’une manière qui intéresse suffisamment qui que ce soit. Et si c’était le cas, je ne voudrais pas y prendre part. Ce que j’essaie de faire, c’est d’intégrer cette technologie dans notre secteur, de manière à ce que les entreprises signataires de la convention collective […] ne se contentent pas de renoncer à cette technologie, de laisser d’autres s’en emparer et la dominer.

Ben Affleck, acteur et réalisateur, via DHnet

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