BlackRock BCX : Un pari sur les matières premières qui résiste, malgré les tensions géopolitiques
New York – Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une volatilité des prix de l’énergie, le BlackRock Resources & Commodities Strategy Trust (BCX), coté à la bourse de New York, attire l’attention des investisseurs. Le fonds, qui clôturait jeudi à 12,41 $, a enregistré une performance de plus de 20 % depuis le début de l’année, surpassant largement l’indice S&P 500, qui reste stable sur la même période.
BCX offre une exposition diversifiée aux secteurs minier (46 %) et des ressources naturelles (30 %), avec un accent particulier sur l’énergie. Le fonds détient des participations significatives dans des géants pétroliers comme ExxonMobil (7,29 %), Shell (7,01 %) et Chevron (5,18 %), qui bénéficient directement de la hausse des prix du pétrole. Le prix du West Texas Intermediate (WTI) a grimpé de 30 % depuis le début de l’année, dépassant les 75 dollars le baril après avoir évolué en dessous de 70 dollars pendant une grande partie de 2025.
L’or et les métaux précieux représentent également une part importante du portefeuille (13,38 %), avec des positions dans Newmont (5,33 %), Barrick Gold (4,23 %) et Agnico Eagle Mines (3,82 %). Le prix de l’or, qui a dépassé les 5 000 dollars l’once pendant une grande partie de 2025, offre un potentiel de croissance supplémentaire, notamment grâce aux marges bénéficiaires exceptionnelles des sociétés minières, qui bénéficient d’un écart important entre les coûts de production (entre 1 200 et 1 400 dollars) et le prix de vente au comptant.
Risques et opportunités liés aux perturbations géopolitiques
L’analyse révèle un risque spécifique lié à la participation de BCX dans Norsk Hydro, qui possède une usine d’aluminium au Qatar, actuellement à l’arrêt suite à la fermeture du terminal Ras Laffan le 2 mars. Cette interruption a entraîné une hausse des prix de l’aluminium, mais affecte directement les opérations de Norsk Hydro. Cependant, l’impact est jugé gérable compte tenu de la diversification du fonds, qui gère un total de 1,03 milliard de dollars d’actifs.
La situation au Qatar, où 77 millions de tonnes métriques d’hydrocarbures sont exportées chaque année via le terminal de Ras Laffan, est particulièrement préoccupante. La fermeture du terminal, combinée à la vulnérabilité du détroit d’Ormuz et au manque d’alternatives d’exportation pour le gaz naturel liquéfié (GNL) qatari, a déjà entraîné une flambée des prix de l’énergie en Europe et en Asie. Les contrats à terme sur le gaz TTF ont bondi de 70 % en cinq jours, tandis que le JKM a augmenté de 39 %.
BCX, grâce à ses positions dans ExxonMobil, Shell et Chevron, est bien placé pour profiter de cette situation, en vendant des produits que l’Europe et l’Asie recherchent désespérément.
Une stratégie d’investissement axée sur le revenu et la valorisation
En 2025, la valeur nette d’inventaire (VNI) de BCX a augmenté de 1,96 $ par action, tout en distribuant 0,8364 $ en dividendes. Le prix du marché a progressé de 2,44 $, dépassant légèrement l’amélioration de la VNI. Le fonds offre actuellement un rendement mensuel de 0,0697 $, soit un rendement annuel de 6,55 % à un prix de 12,41 $.
Contrairement à certains fonds similaires, BCX détient physiquement les titres sous-jacents et utilise une stratégie de vente d’options d’achat (covered calls) sélective, ciblant les positions où la volatilité implicite est élevée et les primes sont attractives. Cette approche permet de générer des revenus supplémentaires, en particulier dans un environnement de forte volatilité des matières premières.
Recommandation : Acheter
Compte tenu de son rendement de 6,55 % soutenu par des bénéfices réels, de sa diversification, de son exposition directe aux perturbations actuelles du marché de l’énergie et des métaux précieux, et de son escompte de 5,34 % par rapport à sa VNI de 13,48 $, les analystes recommandent d’acheter BCX à 12,41 $. Ils suggèrent également d’envisager le BlackRock Enhanced Equity Dividend Trust (BGR) comme un investissement tactique complémentaire pour une exposition accrue aux sociétés pétrolières intégrées, avec un rendement de 7,4 %. Un seuil de stop-loss est fixé à 11,80 $.
[Image d’une carte du détroit d’Ormuz et du terminal Ras Laffan, avec une légende expliquant l’importance stratégique de ces infrastructures pour le marché mondial de l’énergie.]
