« Barry » tire sa révérence : une saison finale sombre et imprévisible
LOS ANGELES (AP) – La quatrième et ultime saison de « Barry », la série HBO saluée par la critique, explore des territoires sombres et inattendus, tout en conservant l’humour noir qui a fait son succès. La série, qui débute le 14 avril, ne sera peut-être pas la sortie la plus médiatisée de HBO ce printemps, éclipsée par « Succession », mais elle offre un adieu poignant et complexe à un protagoniste profondément imparfait.
Créée et portée par Bill Hader, qui signe également la réalisation de tous les épisodes, « Barry » suit l’histoire d’un tueur à gages (Hader) tentant de se réinventer en tant qu’acteur. La nouvelle saison reprend là où la troisième s’était arrêtée, avec l’arrestation du personnage principal. Cette situation catalyse une spirale de conséquences qui affectent tous ceux qui l’entourent.
La série explore avec une acuité particulière le malaise de suivre un protagoniste dont le passé est jonché de meurtres. La question de l’empathie envers Barry devient d’autant plus pressante qu’il se retrouve derrière les barreaux. Un moment clé, où Barry demande avec une naïveté presque enfantine si l’on est en colère contre lui, rappelle la complexité du personnage et la difficulté de concilier ses actions horribles avec une certaine vulnérabilité.
L’ensemble du casting livre des performances remarquables. Henry Winkler, dans le rôle de Gene Cousineau, l’ancien professeur d’art dramatique de Barry, continue d’incarner un mélange fascinant d’ego et de besoin d’approbation. Sarah Goldberg, en tant que Sally, et Stephen Root et Anthony Carrigan, dans leurs rôles respectifs de Fuches et NoHo Hank, apportent également une profondeur et une nuance considérables à leurs personnages. NoHo Hank, en particulier, se distingue par une évolution inattendue, trouvant l’amour tout en transformant le nom « Barry » en un mot de quatre syllabes.
Hader excelle également dans la mise en scène, intégrant des gags visuels sombres et des caméos hilarants de personnalités hollywoodiennes, dont le réalisateur Guillermo del Toro. Ces apparitions, bien que surprenantes, ajoutent une touche de fantaisie à l’ensemble.
Cependant, la saison n’est pas sans défauts. Les digressions surréalistes et les détours dans le domaine de la fantaisie peuvent parfois distraire de l’intrigue principale. Malgré cela, la force du jeu d’acteur et la capacité de la série à maintenir le suspense compensent largement ces imperfections.
« Barry » a toujours été une série qui prend des risques créatifs, et cette saison finale ne fait pas exception. Hader et Alec Berg, co-créateur de la série, semblent déterminés à conclure l’histoire à leur manière, quitte à décevoir certains spectateurs. Mais c’est précisément cette audace qui fait de « Barry » une œuvre télévisuelle unique et mémorable.
La série est diffusée sur HBO, qui, comme CNN, fait partie de Warner Bros. Discovery.
