Soudan : Un musicien préserve le patrimoine sonore face à l’essor d’une nouvelle scène musicale
Nairobi, Kenya – Au cœur d’un Soudan en pleine mutation, un musicien s’engage dans une mission cruciale : sauvegarder les sonorités ancestrales du pays tout en embrassant l’énergie d’une nouvelle génération musicale. Membre du groupe Aswat Almadina, il collabore avec la plateforme en ligne Safeguard Sudan’s Living Heritage, un projet ambitieux soutenu par le gouvernement britannique, pour documenter et numériser les instruments traditionnels soudanais, tels que le bongo, la rababah et le daloka.
Cette initiative, qui prend la forme d’une bibliothèque numérique accessible aux producteurs, intervient à un moment clé pour le patrimoine culturel soudanais.Elle vise à contrer la perte de savoir-faire et à assurer la transmission de ces traditions musicales aux générations futures.
Parallèlement à ce travail de conservation, une nouvelle vague musicale déferle sur le Soudan : le zanig.Ce genre hyper-populaire, caractérisé par l’utilisation du synthétiseur Technics 2000, a connu une ascension fulgurante ces dernières années. Le musicien d’Aswat Almadina le décrit comme une “musique révolutionnaire, jeune et profondément enracinée dans les rythmes africains”, un style qui reconnecte le Soudan à son identité africaine. Bien que controversé à ses débuts, le zanig a eu un impact considérable sur la jeunesse soudanaise.
Ce bouillonnement créatif s’inscrit dans un contexte politique et social complexe. Le Soudan est marqué par des tensions persistantes depuis le coup d’État de 2019,et la musique y joue un rôle essentiel,comme le soulignent les documentaires Gidam (jusqu’au bout) et Tonjela,produits par PAM | Pan African Music. Ces films mettent en lumière l’importance de la musique comme vecteur de mémoire, d’expression et de résistance.
Le Soudan, pays riche d’une histoire musicale diverse et complexe, se trouve à la croisée des chemins. Entre la préservation des traditions ancestrales et l’émergence de nouveaux genres, la musique soudanaise continue d’évoluer, témoignant de la vitalité et de la résilience de sa culture. Le travail de ce musicien, et de bien d’autres, est essentiel pour assurer que cette richesse sonore ne se perde pas et continue d’inspirer les générations futures.
