Controverses arbitrales en Serie A : L’Aia reconnaît son erreur dans le derby d’Italie, mais dénonce les simulations
Milan, Italie – L’Aia, l’association italienne des arbitres, a admis une erreur flagrante dans l’expulsion de Fodé Ballo-Touré Kalulu lors du match crucial entre l’Inter Milan et la Juventus Turin, dimanche dernier. L’incident, survenu lors du derby d’Italie, a suscité une vive polémique et des critiques acerbes envers l’arbitrage.
Gianluca Rocchi, le responsable de la désignation des arbitres, a reconnu l’erreur de l’arbitre principal, Fabio La Penna, lors d’un appel téléphonique à l’agence de presse ANSA. Le second carton jaune reçu par Kalulu, synonyme d’expulsion, est jugé injustifié, notamment en raison d’une simulation de Alessandro Bastoni, joueur de l’Inter.
“Nous sommes très désolés de cet épisode, de la décision de La Penna qui est clairement erronée et du fait que nous n’avons pas pu utiliser la VAR pour la corriger”, a déclaré Rocchi. Il a précisé que le protocole actuel ne permet pas de revenir sur une expulsion pour accumulation de cartons jaunes, mais que des modifications réglementaires sont à l’étude.
Rocchi dénonce une vague de simulations
Au-delà de l’erreur spécifique, Rocchi a pointé du doigt une tendance préoccupante de simulations dans le championnat italien. “Ce n’est pas le seul à avoir commis une erreur. Il y a eu une simulation claire hier. C’est la dernière d’une longue série dans un championnat où ils essaient de nous tromper de toutes les manières”, a-t-il affirmé, critiquant également le manque de soutien des entraîneurs.
L’arbitre La Penna sera suspendu à titre préventif, mais Rocchi a souligné que la durée de cette suspension ne sera pas excessive, tout en regrettant que le joueur coupable de la simulation, Bastoni, sera probablement sur le terrain dès le prochain match. Cette situation a exacerbé les tensions, certains allant jusqu’à demander une exclusion de Bastoni de l’équipe nationale italienne, en particulier à l’approche de l’Euro 2024.
Réactions et critiques en cascade
L’incident a provoqué une onde de choc dans le monde du football italien. John Elkann, président de la Juventus, a personnellement contacté le président de la Fédération Italienne de Football (FIGC), Gabriele Gravina, pour exprimer son mécontentement face aux nombreuses erreurs arbitrales de la saison.
Les dirigeants de la Juventus ont également adopté une position ferme, dénonçant un enchaînement d’erreurs qui ont affecté le déroulement du championnat. Les points noirs soulevés concernent l’interprétation des règles sur les mains et l’intervention parfois excessive de la VAR.
Un débat sur le fair-play et la responsabilité
L’affaire Kalulu contraste fortement avec les récentes démonstrations de fair-play observées dans d’autres disciplines sportives, comme l’hommage rendu par les skieuses italiennes battues lors d’une compétition à Brigone, ou l’attente des fondeuses pour accueillir la dernière athlète arrivée à la 10 km.
Alessandro Bastoni a quant à lui fermé les commentaires de ses réseaux sociaux et de ceux de sa femme, suite aux insultes et menaces reçues.
Gianluca Rocchi a conclu en soulignant que les arbitres sont prêts à assumer leurs responsabilités et à les expliquer publiquement, à travers des émissions dédiées à l’analyse des erreurs. “Nous avons une émission où chaque semaine nous exposons nos erreurs, nous les montrons à tous. Nous sommes tout à fait capables d’assumer nos responsabilités quand nous faisons une erreur, personne ne nous défend. Aujourd’hui, je n’ai pas encore entendu quelqu’un dire ‘nous aussi, nous avons fait des erreurs’. J’aimerais qu’ils le fassent 10% du temps où nous l’avons fait nous. Et franchement, c’est embarrassant”, a-t-il déclaré.
L’incident Kalulu met en lumière les défis auxquels est confronté l’arbitrage en Serie A et soulève des questions cruciales sur la nécessité d’une meilleure formation, d’une application plus cohérente des règles et d’une plus grande transparence dans le processus décisionnel. La pression monte pour des changements significatifs afin de garantir l’intégrité du championnat italien.
