Afghanistan : L’ONU lance une enquête sur les crimes internationaux commis sous le régime taliban
Genève, Suisse – Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté une résolution historique ce jour, mandatant une enquête indépendante pour collecter et préserver les preuves de crimes internationaux et de violations graves du droit international commis en Afghanistan, particulièrement depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. L’adoption s’est faite sans vote, soulignant un large consensus international sur la gravité de la situation.
Cette initiative, portée par l’Union européenne, vise à briser l’impunité de longue date qui règne en Afghanistan et à préparer des dossiers pour de futures poursuites pénales. L’ambassadeur du Danemark, IB Petersen, a souligné que la situation des droits de l’homme s’est considérablement détériorée ces quatre dernières années, aggravée par une crise humanitaire profonde.
L’enquête se concentrera notamment sur les violations et abus ciblant les femmes et les filles, victimes d’une répression systématique et d’une érosion de l’espace civique. Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont imposé des restrictions draconiennes à la vie des femmes afghanes, les privant de l’accès à l’éducation après l’âge de 12 ans, à de nombreuses professions, et leur interdisant de voyager sans accompagnement masculin, de fréquenter les parcs ou les salles de sport.
La résolution condamne fermement l’institutionnalisation par les talibans d’un système de discrimination, de ségrégation et d’exclusion des femmes et des filles, un système qui bafoue la dignité humaine.
Le mécanisme mis en place par l’ONU permettra de préserver les témoignages des victimes et de documenter les atrocités commises. Cette démarche est cruciale pour garantir que les responsables de ces crimes soient tenus de rendre compte de leurs actes et pour offrir une voie vers la justice et la réconciliation pour le peuple afghan.
La communauté internationale continue de critiquer fermement les mesures répressives du gouvernement taliban et maintient une position de non-reconnaissance de facto, en raison de son bilan désastreux en matière de droits humains. L’avenir de l’Afghanistan et le sort de sa population, en particulier des femmes et des filles, restent une préoccupation majeure pour les organisations internationales et les défenseurs des droits de l’homme à travers le monde.
