La Chine rattrape les États-Unis dans le développement de nouvelles thérapies contre le cancer
Pékin – La Chine se positionne de plus en plus comme un acteur majeur dans le développement d’une nouvelle génération de médicaments contre le cancer, les anticorps-médicaments conjugués (ADC). Si les États-Unis conservent une avance dans l’identification des cibles biologiques, la Chine excelle désormais dans les aspects techniques et chimiques cruciaux à la fabrication de ces traitements de précision.
Les ADC représentent une avancée significative dans la lutte contre le cancer. Ces médicaments ciblent les tumeurs avec une précision accrue grâce à une combinaison de trois éléments : un anticorps monoclonal qui se lie à une protéine spécifique présente à la surface des cellules cancéreuses, une charge utile de médicament chimiothérapeutique, et des molécules de liaison qui connectent les deux. Ces molécules de liaison sont conçues pour se rompre une fois à l’intérieur de la cellule cancéreuse, libérant ainsi la substance toxique et limitant les dommages aux cellules saines.
Youwen Zhu, expert dans le domaine, souligne l’importance de la chimie et de l’ingénierie dans le développement des ADC. “Il s’agit de choisir le bon type de liaison, de concevoir la charge utile appropriée. Il faut des chimistes médicinaux pour cela, puis il faut l’ingénierie pour la production,” explique-t-il. “Dans ce domaine, la Chine est particulièrement forte – et le devient de plus en plus. La Chine dispose d’excellents chimistes médicinaux et d’excellents ingénieurs, et nous sommes également capables d’augmenter rapidement la production.”
Zhu affirme que les équipes chinoises sont “comparativement très travailleuses” en matière de technologie et que le pays ne se contente plus de rattraper son retard par rapport aux États-Unis en chimie et en ingénierie. “Non seulement nous n’avons plus de retard, mais nous avons commencé à dépasser,” ajoute-t-il.
Les données de recherche confirment cette tendance. L’indice Nature, qui suit la production mondiale de recherche, montre qu’en 2024, les États-Unis avaient une part deux fois supérieure à celle de la Chine dans les sciences biologiques. Cependant, en chimie, la part de la Chine était trois fois supérieure à celle des États-Unis.
Cette évolution est significative dans le contexte mondial de la lutte contre le cancer. Les ADC offrent une approche thérapeutique prometteuse, et la capacité de la Chine à innover et à produire ces médicaments à grande échelle pourrait avoir un impact majeur sur l’accès aux traitements et sur l’avenir de l’oncologie. La résistance aux ADC reste un défi majeur, comme le soulignent les recherches, mais les progrès continus dans le domaine laissent entrevoir des perspectives encourageantes.
