Le télescope spatial Neil Gehrels Swift, en orbite depuis près de 22 ans, s’enfonce rapidement dans l’atmosphère terrestre après l’échec d’une mission de sauvetage commerciale menée par Katalyst Space Technologies.
L’observatoire spatial de la NASA, conçu pour scruter les explosions les plus violentes de l’univers, vit ses derniers jours. Plongé dans une spirale descendante accélérée par l’activité solaire intense, le télescope de 1 452 kilogrammes se trouve actuellement à environ 325 kilomètres d’altitude, selon les données publiées par l’agence spatiale américaine.
L’échec de la mission de sauvetage LINK
Face à la chute inéluctable de l’observatoire, la NASA avait confié à la startup Katalyst Space Technologies, basée en Arizona, la conception rapide d’un engin de sauvetage. Développé en neuf mois seulement, le satellite baptisé LINK a été lancé le 3 juillet 2026 avec pour objectif de capturer le télescope non préparé à une telle intervention et de le rehausser vers une orbite stable.
La mission a rapidement rencontré des difficultés techniques majeures. Deux des trois roues de réaction nécessaires à l’orientation du vaisseau sont tombées en panne à la suite de problèmes électroniques, suivies par une défaillance de vanne qui a fait basculer le satellite dans une rotation incontrôlée. Malgré les efforts des ingénieurs pour stabiliser l’appareil et réinitialiser le logiciel de vol, les manœuvres correctives ont épuisé les réserves de carburant.

Katalyst Space Technologies a indiqué selon Abc17News que, par conséquent, Katalyst et la NASA avaient conjointement déterminé que LINK ne disposait plus de carburant suffisant pour exécuter en toute sécurité la phase prévue de capture et de rehaussement de l’orbite de la mission.
Faute de ergols suffisants, la mission a été transformée en simple démonstration de rendez-vous orbital. LINK s’est approché à une distance de 12 à 15 kilomètres du télescope Swift au cours de la première semaine de septembre, déployant ses trois bras robotiques et testant ses propulseurs électriques pour simuler une future intervention de maintenance. Le satellite de Katalyst a finalement opéré en orbite pendant 85 jours avant de replonger dans l’atmosphère terrestre le 25 septembre 2026, comme le rapporte le réseau d’information.
Le réveil scientifique de dernière minute de l’observatoire Swift
Pour maximiser les chances de succès de la tentative de sauvetage, les équipes de vol avaient mis en sommeil plusieurs instruments et configuré le satellite afin de réduire la traînée atmosphérique. Une fois l’échec acté, la stratégie a changé. Le personnel de la mission a réactivé les instruments scientifiques pour permettre à l’observatoire de collecter un maximum de données avant sa destruction.
Le télescope a ainsi remis en service son troisième instrument scientifique, le télescope d’alerte aux sursauts gamma, dont la reprise des calibrations a été confirmée le 18 septembre. La reprise des observations automatiques a immédiatement accentué la décélération de l’appareil en raison de la traînée. Les ingénieurs estiment que l’observatoire passera sous le seuil critique des 185 kilomètres d’altitude entre le début et la mi-octobre, moment où les observations scientifiques devront définitivement cesser.
Perspectives industrielles et risques de la rentrée atmosphérique
La trajectoire de l’observatoire témoigne des difficultés de gestion des orbites basses, où la friction résiduelle de l’atmosphère finit par consumer les satellites non ravitaillés. Lancé initialement pour une mission de deux ans le 20 novembre 2004, le télescope aura finalement fonctionné pendant près de vingt-deux ans. Aucun remplaçant direct n’est actuellement prêt à prendre sa relève.
Du côté des risques au sol, les analyses menées par la société de suivi spatial LeoLabs se veulent rassurantes. Une partie du matériel de 1 452 kilogrammes pourrait résister à la chaleur de la rentrée en raison de sa masse, mais la probabilité de dégâts matériels ou corporels reste infime, l’essentiel des débris devant chuter dans l’océan ou dans des zones inhabitées.
LeoLabs a déclaré selon Abc17News que, bien qu’il soit possible qu’une partie du matériel du vaisseau spatial Swift survive à la rentrée en raison de sa taille, la probabilité que des débris causent des dommages matériels importants ou des blessures physiques à quiconque est très faible.
Malgré l’issue fatale pour le télescope et la perte de la mission évaluée à 30 millions de dollars, selon les détails fournis par l’industrie, les responsables de la NASA et de Katalyst estiment que les leçons tirées de cette tentative rapide serviront de socle technologique pour le futur de la maintenance orbitale des satellites commerciaux.
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